De par la loi, trois types de contrats s’offrent aux écoles privées, avec souvent des implications budgétaire pour les
collectivités :
- pour les écoles hors contrat, aucune subvention,
- pour les écoles en contrat d'association avec l’Etat : des subventions, obligatoires, sont définies par la loi,
- pour les écoles en contrat simple avec l’Etat : les subventions sont facultatives.
A Grenoble, nous trouvons :
- 2 écoles hors contrat (Montessori et La Plume),
- 29 en contrat d’association,
- 4 en contrat simple (l’Ecole Juive de Grenoble, l’Ecole Maïmonide, Notre Dame de Sion et les Charmilles).
Dans le cadre d’une politique progressiste à gauche, les priorités doivent s’affirmer clairement, d’autant plus à l’heure où la l’Etat détricote
et l’école publique et la laïcité.
- l’école publique, nous le constatons depuis des années, et encore récemment avec la loi Carle votée en octobre …
- la laïcité : dans de nombreux écrits et discours, le Président de la République accorde le privilège à l’option religieuse ; encore
dans son discours de Latran en 2007, il affirme que « l’instituteur ne pourra jamais remplacé le curé ou le pasteur ». Cette affirmation, extrêmement grave, témoigne de la
dévalorisation permanente de nombre de nos institutions républicaines, en premier lieu de l’école publique – mais nous pourrions parler également de la justice ou de l’hôpital.
Dans nos choix, il s’agit de résister à ces volontés de mise en concurrence dans des domaines qui relèvent d’institutions
républicaines.
Au conseil municipaldu 26 octobre 2009 à Grenoble, à l'occasion du vote de la délibération 46 - C 011 - "Education -
enseignement du 1er degré: signature des avenants n°3 aux conventions de participation financière Ville - écoles privées en contrat simple avec l'Etat" présentée par l'Adjoint à l'Education
Paul Bron, la Ville autorise de nouveau le conventionnement avec les associations de gestion des écoles privées en contrat simple avec l'Etat et affiche la volonté de sortir de ce type de
subventions.
Les associations laïques et syndicats se sont mobilisés pour appeler les élus à mettre un terme à ce financement par la ville de Grenoble: il
s'agit du Cercle Laïque, des Délégués départementaux de l'Education Nationale (DDEN), de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), des Francas, de Jeunesse au Plein Air (JPA), de la
iLbre-Pensée Grenoble, de la Ligue de l'Enseignement, de l'Office central de coopértion à l'école (OCCE), des syndicats FERC CGT, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNES-FSU, SNUDI-FO,
SNUIPP-FSU.
A Grenoble, Eléonore Perrier a toujours voté contre ces subventions. A l'occasion de ce conseil, le PCF et le PRG s'opposent pour la
première à ce conventionnement. Une dynamique de changement est en marche. Le débat se poursuivra.
Résultat du vote (à valider d'ici le 4 novembre):
- 12 contre (1 MRC, 6 Ades-Verts, 4 PCF, 1 PRG)
- 46 pour (31 PS et société civile, 6 Modem, 9 UMP)
Bonjour,
Comme chaque année depuis près de vingt ans, nous nous retrouvons rassemblés ici
pour rendre hommage aux manifestants algériens qui furent sauvagement réprimés le
17 octobre 1961 à Paris.
L'appel à se rassembler a reçu le soutien de
Algérie au Coeur Isère, l'association AMAL, APARDAP (association de parrainage
républicain de demandeurs d'asile et de protection), ATTAC Isère, Cercle Bernard
Lazare, CIIP, Collectif de Soutien aux réfugiés algériens, Comité traite
négrière/esclavage , Coup de Soleil en Rhône-Alpes, LDH Isère, Ligue
Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Mouvement de la Paix, MRAP,
NIL Isère, ODTI (Observatoire des Discriminations et des Territoires Interculturels),
SOS-Racisme, Ras L'Front Voiron, Survie-Isère, FSU 38, Solidaires 38, UD-CGT
38, ADES, Les Alternatifs Isère, Gauche Unitaire, Lutte Ouvrière, NPA 38,
Pour une Alternative à Gauche 38, Parti de Gauche 38, Fédération du PCF Isère,
PCOF, PRCF & JRCF, Fédération du PS Isère, MJS Isère, Les Verts Isère.
Je tiens à les remercier vivement pour ce soutien qui ne va pas de soi.
Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers de travailleurs algériens et leurs familles
manifestaient à Paris contre le couvre-feu qui leur était imposé.
Ils défendaient leur droit à l’égalité et à la dignité, et le droit à l’indépendance de l'Algérie. Ce
jour-là et les jours suivants, plusieurs centaines d’entre eux furent massacrés, jetés dans la
Seine ou gravement blessés par des policiers déchaînés sous les ordres de Maurice Papon,
alors préfet de Paris.
Nous devons maintenir cette mémoire vivante pour éclairer le
présent. Car le combat est loin d'être fini...
Des associations de nostalgiques de l'Algérie Française prétendent rendre hommage aux tueurs de
l'OAS en les faisant passer pour des résistants. Certains élus, oublieux du passé ou complices,
laissent ces mêmes nostalgiques rendre leur hommage sur des lieux publics, y compris devant la
flamme du soldat inconnu à l'Arc de Triomphe !
Aucun hasard là dedans, il ne s'agit pas d'un retour de flamme chez des nostalgiques aigris, mais
une volonté politique impulsée au plus haut sommet de l'Etat. Ainsi, un des plus proches conseillers
de Nicolas Sarkorzy est Patrick Buisson, est l'auteur en 1984 d'un livre au titre éloquent « OAS,
Histoire de la résistance française en Algérie », livre préfacé par Pierre Sergent, l'un des dirigeants
de l'OAS !
Malgré l'échec de la tentative de février 2005 d'inscrire dans la loi « le rôle positif de la
colonisation », la volonté de réécrire l'Histoire au détriment des peuples n'a jamais cessé depuis.
Du discours de Toulon du candidat Sarkozy décrivant la colonisation comme un moment de
civilisation, au discours de Dakar du président Sarkozy décrivant l'Afrique comme étant hors de
l'Histoire, il y a une même volonté de déni des victoires des peuples pour s'assurer la maîtrise de
leurs destin, de glorification des pires moments du passé.
Dans ce contexte préoccupant, l'hommage que nous rendons ici prend une grande valeur politique,
de résistance au détournement de l'Histoire, des concepts et des mots.
S'il y eut des résistants, ils sont du côté de ces femmes et hommes qui se dressèrent contre les
tenants de l'ordre colonial.
Ils sont du côté des Algériens qui manifestaient à Paris un soir d'octobre 1961, pour défendre
leur droit à l’égalité et à la dignité, et le droit à l’indépendance de l'Algérie.
Ils sont du côté de ces Français qui ici ou en Algérie menèrent le combat aux côtés des
Algériens, et portent les noms de Fernand Yveton, Maurice Audin, Alban Liechti, Henri Alleg,
Madeleine Rébérioux, ou Simon Blumental, Francis Jeanson, récemment disparus.
En aucun cas, ils ne se trouvent parmi les membres de l'OAS qui tentèrent de s'opposer dans le
sang à la volonté des peuples français et algérien de conclure une paix juste, respectueuse des
droits des peuples.
Réécrire l'Histoire de la guerre d'Algérie, réécrire l'Histoire de la colonisation,
c'est justifier le maintien de l'oppression et des rapports de domination au
niveau international, c'est justifier l'exploitation la plus dure et la plus
inhumaine vis à vis des immigrés, spécialement les travailleurs sans-papiers,
qui sont ramenés à leur valeur de force de travail, sans droits, soumis à
l'arbitraire et à la répression, aux contrôles incessants.
Maintenir vivante la mémoire, c'est renforcer le combat de
toutes celles et tous ceux qui, comme les manifestants
d'Octobre 1961, se battent contre le mépris, pour la dignité et
l'égalité.
Manifestons pour :
- exiger de l'État français qu'il reconnaisse officiellement sa
responsabilité dans les massacres liés à la colonisation, et qu'il ouvre les
archives de la Guerre d'Algérie et de la colonisation aux chercheurs français et
étrangers, sans restrictions ni exclusives;
- protester contre les complaisances vis à vis de l'OAS et des
nostalgiques de l'ordre colonial;
- protester contre le ministère de l'immigration et de l'identité
nationale, honte de la République Française ;
- réclamer l'abrogation de la directive « retour », ou « directive de la
honte », adoptée par la parlement européen et qui bafoue les droits humains les
plus élémentaires ;
- Affirmer le droit des migrants à vivre en France dans la dignité et sans
subir de discriminations.
Merci de votre attention
Intervention prononcée au nom de Algérie au Coeur, du CIIP et du collectif de soutien aux réfugiés algériens
17 octobre 2009, Grenoble
Éléments pour l’intervention de clôture de Jean-Pierre Chevènement, Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, Toulouse, le 6 septembre 2009.
Je veux tout d’abord remercier Thierry Cotelle, maire adjoint de Toulouse, Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC, ainsi que Jean-Luc Laurent, Secrétaire national à la Coordination, et
son équipe. Sur eux a reposé l’organisation de cette université d’été. Merci également à tous nos intervenants, et notamment à nos invités extérieurs : Paul Quilès, ancien ministre, Arnaud
Montebourg, député, Jean-François Kahn qui aurait pu être député européen s’il avait voulu, Paul Thibaud, philosophe, Jean-François Knepper, syndicaliste, Président du Comité européen Airbus,
Liem Hoang Ngnoc, économiste et député européen. Merci aussi à notre ami Pierre Cohen, maire de Toulouse et Martin Malvy, Président de la région Midi-Pyrénées qui ont bien voulu intervenir à
l’ouverture de nos travaux. Merci à vous tous qui êtes venus nombreux de toute la France.
Face à la crise d’un système, celui du capitalisme financier mondialisé, nous avons besoin d’une réponse républicaine pour la France mais aussi pour le monde.
I – Une crise de la mondialisation
A) Il ne faut pas se tromper sur l’analyse. Le problème n’est pas celui de la moralisation du capitalisme, celui des bonus, tout cela est, bien entendu, scandaleux mais le problème est plus
profond. La déflation salariale, qui est à l’origine du surendettement des ménages américains, a des causes : La principale, est dans un libre-échangisme effréné, dans la liberté donnée aux
multinationales de mettre en concurrence les territoires et les mains d’œuvre. Le rapprochement Chine/Etats-Unis intervenu à la fin des années soixante-dix du précédent siècle, a joué un rôle
essentiel dans cette fuite en avant du capitalisme vers l’exploitation du travail à bas coût. Certains évoquent aujourd’hui la Chinamérique ou encore le G2 : cette expression est inadéquate pour
traduire la réalité d’un monde multipolaire beaucoup plus complexe. Mais il est vrai que ce soi-disant G2 a une réalité : c’est la parité fixe entre le yuan et le dollar. L’Administration Obama a
renoncé à demander une réévaluation du yuan. Ce renoncement exprime un rapport de forces. La Chine tient le dollar à sa merci. Cette réalité géopolitique aussi est au cœur de la crise.
La mondialisation financière a fonctionné dans l’intérêt des multinationales et du capital spéculatif avec une monnaie mondiale, le dollar, qui a été gérée par les Etats-Unis comme si c’était
seulement leur monnaie. Un secrétaire d’Etat au Trésor américain, M. Conally, disait à ses collègues : « le dollar est notre monnaie et c’est votre problème ». Les Etats-Unis se sont permis des
déficits abyssaux. Ils vivent aujourd’hui très au-dessus de leurs moyens. Parce qu’ils étaient la puissance dominante, ils ont cru trouver une porte de sortie à leurs difficultés économiques dans
la guerre en mettant la main sur les hydrocarbures du Moyen-Orient. Le résultat : ce sont deux guerres dans lesquelles les forces américaines sont aujourd’hui enlisées. Nous vivons le début de la
fin de l’hégémonie américaine. La tache du Président Obama est difficile. Son but affiché est de restaurer le leadership américain. Mais dans la réalité, il faudra bien que les Etats-Unis
adoptent une politique conforme à ce qu’ils sont : une grande nation certes, mais qui doit réapprendre à épargner, à dialoguer, bref à faire avec le reste du monde. Cette transition sera grosse
de conflits.
À cet égard, l’Europe risque d’être prise en étau entre la Chine et les Etats-Unis. L’affaiblissement de la parité du dollar rendra les produits américains plus compétitifs et accroîtra encore
l’hypercompétitivité du yuan et des produits fabriqués en Chine.
Les énormes déficits américains vont accroître les déséquilibres macro-économiques à l’échelle mondiale. De nouvelles bulles se créeront. De nouvelles crises sont en perspective. C’est une
nouvelle donne – un nouveau New Deal - à l’échelle mondiale qui est nécessaire. Si nous voulons sortir durablement de la crise, il faudra mettre un terme à la domination des marchés financiers.
Remettre la politique aux postes de commande, bref refaire des peuples et des nations les acteurs de l’Histoire et non les marchés financiers afin de mettre sur pied un nouveau modèle de
développement.
B) Désuétude de la social-démocratie. Le modèle social-démocrate correspondait à un équilibre entre le travail et le capital. C’était vrai il y a un demi-siècle. Le capitalisme, à
l’époque, fonctionnait sur un modèle fordiste. Il obéissait à une régulation keynésienne dans le cadre national. Ce capitalisme-là n’est plus ; il a été remplacé par le capitalisme financier.
C’est la dictature de l’actionnariat, le triomphe de la théorie dite de « l’acquisition de la valeur pour l’actionnaire » dans un cadre entièrement dérégulé à l’échelle mondiale. Le communisme,
qui faisait peur aux bourgeoisies occidentales qui se croyaient obligées de faire des concessions à leurs classes ouvrières, n’est plus. Les taux de syndicalisation ont fléchi. Les
sociaux-démocrates sont devenus des sociaux-libéraux. Partout en Europe ils ont cru trouver une « troisième voie » (Anthony Giddens) : Jouer le jeu du libéralisme censé produire des richesses et
ensuite opérer des corrections à la marge : RMI, CMU, investissement éducatif, etc. Cette politique, introduite en France en 1983, consacrée par l’Acte Unique en Europe, a été théorisée en
Grande-Bretagne par Anthony Giddens et Tony Blair. Elle a été mise en œuvre aussi en Allemagne par Gerhard Schröder, à travers le plan Agenda 2010, à partir de l’année 2000. Ses orientations ont
été généralisées à l’échelle européenne par les sommets de Lisbonne (2000) et Barcelone (2002). Ces politiques ont fait faillite. Les gouvernements sociaux-démocrates, qui étaient onze en 1999
dans l’Europe à quinze, ont tous perdu le pouvoir ou sont en voie de le perdre. Le cycle du social-libéralisme est clos. C’est ce dont beaucoup de nos camarades socialistes ne se sont pas encore
avisés. Notre rôle est de leur ouvrir l’esprit.
II – Pour faire face à la crise, la gauche doit faire sa mutation républicaine
A) La classe des producteurs ne s’identifie plus à un bloc de classes homogène. Le retour aux sources de la République, l’appel à la raison du citoyen, la croyance en l’égalité humaine, voilà ce
qui pourrait permettre à la gauche de se définir comme « parti républicain du peuple ». Il nous faut réhabiliter l’idée d’un intérêt général qui serait à la fois l’intérêt national et
correspondrait aussi à l’intérêt général de l’humanité.
Comment substituer à la logique des marchés financiers une autre logique politique ? Chacun comprend qu’un nouveau modèle de développement soutenable peut seul permettre de concilier l’aspiration
légitime de pays comme la Chine ou l’Inde au développement, la volonté des Etats-Unis et de l’Europe de préserver leur tissu industriel, leur emploi et leur bien-être, et en même temps l’intérêt
général de l’Humanité qui est d’économiser ses ressources rares (énergies fossiles, eau, air, sol) et lutter contre l’effet de serre.
Pour cela, nous devons planifier une révolution énergétique sans tomber dans le catastrophisme écologique mais en promouvant les énergies nouvelles, y compris nucléaire, les économies d’énergie,
les techniques de charbon propre et en préservant les forêts équatoriales. J’ai lu que Martine Aubry, à La Rochelle, a déclaré : « Nous vivons l’ombre des Lumières. C’est l’idée même de progrès
qui est épuisée. »
À mon sens c’est une erreur. Malthus déjà, au début du dix-neuvième siècle, considérait que la terre était trop petite pour nourrir les hommes. Cette prophétie s’est révélée une erreur historique
car elle méconnaît les ressources de l’humanité en inventivité, créativité, progrès des connaissances et de la technologie. Il faut faire confiance en l’homme. La gauche est inséparable de la
volonté de raison. Elle ne doit pas renier l’héritage des Lumières. Elle doit affirmer le primat des valeurs de la connaissance, ne pas sombrer dans la technophobie.
B) Un projet républicain en forme de nouveau new-deal
J’énoncerai sept propositions :
1. Relance concertée des économies. Un effort supplémentaire sera demandé à chacun (davantage d’épargne aux Etats-Unis, relance du marché intérieur et sécurité sociale en Chine, relance allemande
et japonaise, financement du développement de l’Afrique et des PMA).
2. Réforme du système monétaire international : création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve reflétant la place des différents pays dans l’économie mondiale et ayant vocation à se
substituer au dollar. L’émission de 250 Milliards de DTS par le FMI est un premier pas. Il faut aller beaucoup plus loin pour aider au développement des pays pauvres. Nouveaux « accords du Louvre
», fixant des fourchettes aux parités monétaires (dollar, euro, yen, yuan) afin de parvenir à une concurrence équitable.
3. Redéfinition du mandat de l’OMC (en fonction des principes comme la « concurrence équitable » et la « souveraineté alimentaire »). Changeons les règles du jeu en matière commerciale.
4. Plan mondial d’aide à l’Afrique et aux PMA.
5. Contrôle du crédit par la voie de nationalisations bancaires.
6. Réglementation des marchés financiers visant à éliminer les fonds purement spéculatifs. Chasse aux paradis fiscaux et traçabilité obligatoire des mouvements de capitaux, les banques devant
être tenues de communiquer à la police et à la justice leurs archives informatiques.
7. Réintroduction d’éléments de planification au niveau régional et mondial par exemple :
- en matière de politique énergétique ;
- `d’autosuffisance alimentaire (suspension des négociations agricoles de l’OMC et redéfinition du mandat de l’OMC sur cette base) ;
- de planification industrielle ;
- d’eau potable et de grandes infrastructure (assainissement, routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles, université et recherche).
III – La France 2009-2012
A) La France souffre
Elle récolte les fruits amers d’un choix libéral effectué dans les années quatre-vingt et aujourd’hui renouvelé par Nicolas Sarkozy. Je n’évoquerai que quelques têtes de chapitre : le bouclier
fiscal, la cure d’austérité infligée aux services publics à travers la RGPP, la réforme des collectivités territoriales qui serait un coup terrible pour la solidarité et pour les investissements
collectifs, le tour de vis donné à l’Hôpital public, la réintégration de l’OTAN qui est un contresens politique.
Certes toutes les initiatives de Nicolas Sarkozy ne sont pas mauvaises, l’idée d’un grand emprunt national, s’il permet de financer les investissements économiquement rentables, est judicieuse
dans un pays comme le nôtre où le taux de l’épargne avoisine 15%. Quand Nicolas Sarkozy propose des Assises de l’Industrie, je ne vais pas être contre puisque je les avais moi-même proposées en
1982-83. Jean Riboud ayant accepté l’époque de les présider. Ce n’est pas ma faute si elles ont été annulées par mon successeur. Qu’elles soient reprises vingt-cinq ans après, sur une suggestion
de la CGT paraît-il, ne me fera pas changer d’avis. Évitons l’antisarkozysme primaire et systématique. Celui-ci est la marque d’un vide conceptuel, d’une absence de projet alternatif réel, bref
d’un opportunisme politique que nous avons toujours combattu.
Nous devons nous opposer sur des bases solides. En France par exemple, il y a place pour un M.I.T.I. à la française, un contrôle public du système bancaire, une priorité accordée à la ressource
humaine, un exercice calme et réfléchi des prérogatives régaliennes de l’Etat à l’opposé des effets de manche dont nous sommes las sur des questions comme la sécurité ou la justice. Ainsi, la
suppression du juge d’instruction n’a rien de républicain. Le risque est grand de voir l’Etat instrumenter la justice à travers les parquets. Nous ne devons pas prendre des vessies pour des
lanternes, accepter que la communication se substitue à la politique. Nous ne voulons pas que l’endettement de l’Etat permette seulement de renflouer les banques tandis que ceux qui sont aux
commandes, après avoir failli, les conserveraient. « On prend les mêmes et on recommence » : de cela nous ne voulons pas.
B) Que faire ?
1. L’état de la gauche.
La gauche aujourd’hui ressemble à une flotte démâtée. Il est vrai que la gauche plurielle était au départ une idée essentiellement tactique, une alliance dominée par le parti socialiste avec les
Verts en éclaireurs et le parti communiste en arrière-garde. Aujourd’hui, trois épaves surnagent : la proue supposée, je veux dire les Verts, prétend naviguer toute seule ; à la poupe,
c’est-à-dire les communistes et leurs alliés, il manque une hélice : elle n’a pas connu de véritable dynamique aux dernières élections européennes et elle doit faire face à la concurrence du NPA
; quant au corps du bâtiment, je veux dire le PS, il a un sérieux problème de direction.
Il n’y a pas de solution à cette situation désespérante en dehors d’un projet qui soit à la hauteur des défis du temps. C’est le rôle que le MRC revendique non pas pour lui mais pour toute la
gauche et pour la France. La Maison commune de la gauche proposée par Martine Aubry ne saurait être que le replâtrage de la gauche plurielle.
2. La gauche a un problème d’identité et ce problème surdétermine la question des alliances. Il faut donner la priorité au projet. L’Europe, telle qu’elle s’est construite sur une base libérale
et technocratique, n’est pas la solution, elle est le problème. Il faut la réorienter. Sur la base de la démocratie qui vit dans les nations. À cet égard l’arrêt de la Cour Constitutionnelle de
Karlsruhe de juin dernier dit tout. Il y a un déficit de démocratie structurel dans l’Union européenne. La légitimité est dans les Etats nationaux et dans les Parlements nationaux. Il n’y a pas
de peuple européen. C’est pourquoi le Parlement de Strasbourg ne peut être qu’un ersatz de Parlement. Tout cela nous pouvons d’autant mieux le reprendre à notre compte que c’est ce que nous
disons depuis toujours.
Il faut reprendre la construction européenne sur la base de la démocratie qui vit dans les nations et aller vers une Confédération européenne qui nous permette d’exister, d’être un pôle, comme on
dit, dans le monde multipolaire de demain.
C’est de cela dont nous devons discuter, sans exclusive, avec toute la gauche, y compris le NPA s’il le souhaite. Il y a là un rôle politique essentiel pour la France. Faut-il parler de tout cela
avec M. Bayrou ? M. Bayrou – nous le savons - est un homme politique qui vient de la droite mais il s’est dit « prêt à tendre la main à la gauche ». Si nous sommes sûrs de nous-mêmes, si nous
avons des idées claires, il n’y a pas lieu de montrer un quelconque sectarisme.
Le problème pour la gauche, c’est d’abord d’avoir les idées claires. Nous avons proposé, il y a plus d’un an, des Assises de toute la gauche. Nous sommes prêts à examiner un projet de primaires
dès lors qu’elles concerneraient plusieurs partis de gauche qui en seraient ensemble les co-organisateurs, bien entendu sur la base d’une charte d’orientation politique. La gauche doit rompre
avec une orientation qui l’a coupée des couches populaires depuis les années quatre-vingt. Je n’idéalise pas les primaires, mais elles peuvent être l’occasion d’une rupture salutaire. En tout
état de cause, le MRC ne restera pas silencieux en 2012. Il pèsera, quoi qu’il arrive, directement ou indirectement. Nous sommes les gardiens de l’avenir républicain de la France. La priorité
c’est le projet !
Y a-t-il un autre choix ? Sincèrement je ne le crois pas sauf à laisser le champ libre à M. Sarkozy qui s’emploie déjà activement à rassembler la droite autour de lui, en profitant des divisions
et du désordre de la gauche.
Conclusion
Nous avions jadis, au début des années soixante-dix, fait lever un immense espoir. La gauche ensuite a tourné le dos à ses engagements. Elle a rendu les armes sans avoir combattu. Le
néolibéralisme a triomphé. Les couches populaires se sont détournées de la gauche. Mais ce cycle est désormais derrière nous. Les triomphateurs d’hier sont les faillis d’aujourd’hui. Sachons
trouver en nous-mêmes l’énergie de nous redresser. Sachons renouer avec les idées, c’est-à-dire avec le réel, mais aussi avec l’ambition collective, c’est-à-dire avec l’idéal. Il n’y a pas
d’autre chemin pour une victoire qui, demain, ne décevra pas.
Jean-Pierre Chevènement le Dimanche 06 Septembre 2009
PLUS QUE JAMAIS, LES PROPOSITIONS DE
« GAUCHE 2012 » SONT UTILES, INDISPENSABLES A LA GAUCHE : AMPLIFIONS LE MOUVEMENT
Chères amies, chers amis,
La rentrée politique s’effectue dans une certaine confusion.
A droite, Nicolas Sarkozy rassemble son camp et continue, en dépit de la crise et de ses
discours, dans la voie de sa politique néolibérale et d’inégalités sociales.
La gauche, elle, demeure divisée, dans une grande incertitude et
une certaine impuissance. Il n’y a aucune fatalité à demeurer dans cette situation souvent décourageante. Et nous avons montré avec l’initiative « Gauche 2012 » qu’il existe une stratégie
de mobilisation pour une victoire aux élections présidentielles et législatives de 2012.
Il faut amplifier le mouvement de soutien qui a permis de franchir
une première étape avec près d’un millier de signataires, issus de différentes sensibilités de la gauche. Cetteadhésion témoigne d’une grande aspiration à l’unité et surtout fixe une démarche précise et crédible, une méthode et un calendrier, pour la réussir. L ’actualité récente en
montre le bien fondé, l’urgence. C’est sans doute, aujourd’hui, la seule voie pour dénouer la situation d’enlisement de la gauche.
Nous avons écrit, au début de l’été, aux différents leaders de la gauche, pour leur
présenter nos propositions. Jean-Pierre Chevènement, au nom du MRC, y a répondu favorablement et son soutien est précieux. Ici ou là, nos idées progressent, même si elles ne sont parfois reprises
que de façon partielle. Raison de plus pour poursuivre avec détermination, sans se contenter de demi mesures ou de déclarations sans actes.
Au cours des dernières semaines, s’est déroulée une offensive médiatique en faveur de «
primaires » pour désigner un candidat de gauche à l’élection présidentielle. Le Parti Socialiste, par la voix de sa première secrétaire, vient d’en retenir le principe. Mais de quelles primaires
s’agit il ? Dans quelle stratégie sont-elles envisagées ? Tout ceci reste flou et parfois ambigu. En développant nos propositions, nous pourrons influer sur les choix, qui auront
nécessairement des conséquences sur notre avenir commun. Au-delà, il nous faut convaincre dans toutes les familles de gauche.
Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann sont intervenus à de multiples reprises au cours de
la dernière période, pour populariser l’initiative Gauche 2012 dans les médias. Nous sommes mieux connus et reconnus. Mais il nous faut maintenant accentuer
notre campagne, y participer chacun activement, faire connaitre nos propositions et faire signer notre appel.
Organiser des Etats généraux de la gauche, travailler à un programme ou à une charte
fixant les grandes lignes des objectifs de transformation sociale sont des tâches qui nécessitent un certain temps, surtout si l’on veut largement y associer des militants du monde syndical,
associatif et des clubs. Il y a donc urgence à agir !
C’est pourquoi :
- Nous vous demandons de faire partager l’appel Gauche 2012 : Tous unis dans un nouveau Front populaire autour de vous, dans vos partis, vos organisations, auprès de vos proches et de faire largement signer l’appel
sur notre site. N’hésitez pas à communiquer auprès de la presse locale, si cela vous est possible.
- Nous sommes à votre disposition pour organiser des réunions afin de faire connaitre et
partager notre démarche.
- Chacun peut apporter sa contribution, ses arguments et participer au débat
!
Le combat pour l’unité a toujours été l’un des plus nobles dans
l’histoire de la gauche. L ’un des plus décisifs aussi, parce que déterminant pour la victoire et le changement social. Il a besoin de l’engagement du plus grand nombre !
La République repose sur la souveraineté populaire et par conséquent sur le citoyen formé à penser par lui-même et sur une conception de l’intérêt général, résultat du débat public dans un espace
laïc où chacun doit se déterminer en fonction de la raison naturelle et d’abord sur ce qu’est l’intérêt du pays.
Il est proposé d’approfondir en quoi elle est le projet qui permet de faire face à la triple crise que nous traversons : crise économique, crise sociale, crise des valeurs.
Accueil et ouverture de l’Université d’été :
Thierry Cotelle , Pierre Cohen (Maire de Toulouse), Patrick Quinqueton et Jean-Luc Laurent.
Samedi 5 septembre / matin Crise économique : quelles réponses en profondeur ?
La régulation financière internationale, la protection légitime des intérêts des classes populaires et la lutte contre le «dumping social », le maintien et le renouvellement du tissu productif,
la reconstruction d’un modèle de développement qui ne se résume pas aux intérêts des financiers, imposent de poser sur ces différents registres la question de l’intérêt général.
Quelles sont les propositions républicaines pertinentes susceptibles de créer les conditions d’une sortie de crise positive en termes d’appel à l’intelligence (innovation/industrie), de
protection raisonnable des intérêts des pays anciennement industrialisés (clauses dans les échanges), de charte de l’entreprise et le cas échéant d’appropriation publique (nationalisations de
fait ou de droit) et d’utilisation rationnelle des ressources rares (biens communs de l’humanité) ?
Comment décliner l’intérêt général aux niveaux national, européen et mondial ? Quel modèle de développement élaborer à l’échelle mondiale ? L’Europe peut-elle ne pas être écrasée entre les
Etats-Unis et la Chine ? Quelle place pour l’Afrique ?
Intervenants : Jacques Sapir (économiste), Yves le Hénaff (secrétaire national du MRC), Georges Sarre (Maire adjoint de Paris). Animateur : Pierre
Dubreuil
Samedi 5 septembre / après-midi Crise sociale, crise de la justice sociale
La crise sociale est là. Elle est d’abord le produit de la crise économique, même si elle ne s’y réduit pas. Elle est le résultat du dumping social lié au libre échangisme. Les inégalités
s’accroissent.
La vague néolibérale, puis la crise, ont déséquilibré la part respective des salaires et de la rente dans la valeur ajoutée. Peut-on limiter les rémunérations les plus élevées ? L’idée d’une
politique des revenus a-t-elle encore un sens ? La promotion des services publics n’est pas la défense de l’existant, mais de la place qui leur est assignée dans la vie sociale.
Comment redonner un sens et une réalité au progrès et à la justice sociale, qui ne se limitent pas à la lutte contre les discriminations tant proclamée ? Quelle dynamique sociale appuyer, face au
communautarisme et à l’assistanat érigé en système ? Comment lier protection économique et protection sociale ?
Intervenants : Liem Hoang-Ngoc (député européen, économiste), un syndicaliste d'Airbus Industrie, Christian Hutin (député, MRC). Animateur : Etienne
Butzbach , maire de Belfort
Samedi 5 septembre / Après-midi Face à la crise des valeurs, une réponse républicaine
L’adjectif « citoyen » est aujourd’hui employé à tort et à travers, mais le nom commun de « citoyens » suppose que les membres de la communauté nationale aient prise sur leur avenir collectif. Cela
suppose aussi le débat en raison, et non le consensus. Comment être davantage non pas « citoyens », mais « des citoyens » ? Que signifie aujourd’hui l’idée de progrès ? Comment aborder la question
du privé et du public dans une optique républicaine ?
Quels sont les apports et les pièges de la communication électronique dans la création d’un lien entre citoyens qui ne soit pas communautaire ? Comment donner aujourd’hui le sentiment d’une
appartenance collective ? Le monde est de plus en plus gouverné par les entreprises et leurs réseaux.
Que peut signifier aujourd’hui « faire de la politique » ?
Intervenants : Marcel Gauchet (Historien & Sociologue), Julien Landfried (Secrétaire national du MRC). Animateur : Marie-Françoise Bechtel
Dimanche 6 septembre / matin Actualité de la réponse républicaine, désuétude du modèle social-démocrate, mort du modèle social libéral
Débat général en présence de Jean-François Kahn, Arnaud Montebourg, Paul Quilès et Jean-Pierre Chevènement.
Au lendemain de l’élection du 7 juin, de nombreux commentaires ont déclarés
victorieux le Président de la République et Europe écologie. Certes, les listes de la majorité présidentielle sont arrivées en tête avec une avance significative sur leurs
suivantes. Est-ce vraiment une victoire ou au contraire un revers ? Celles d’Europe écologie ont réalisé un pourcentage inattendu. Est-ce aussi une victoire ou seulement un succès bien
limité ?
Le phénomène majeur de cette élection est le total de l’abstention massive et du
vote blanc qui dépasse 61 %. Par conséquent les liste de la majorité présidentielles ne recueillent que 10,8 % des inscrits, celles du PS 6,4 %, celles d’Europe écologie 6,3 % et celles du Modem
3,3 %. Avec de tels scores on peut se demander, à bon droit, quelle légitimité ont les élus. Par ailleurs, en comparant les résultats des quatre listes arrivées en tête à ceux des candidats à
l’élection présidentielle de 2007, on peut faire le constat suivant :
-Les listes de la majorité présidentielle ont perdu 15 % des inscrits par rapport à Nicolas Sarkozy ;
-Les listes du Parti socialiste ont perdu 15 % des inscrits par rapport à Ségolène Royale ;
-Les listes Europe écologie ont gagné 4 % des inscrits par rapport à Dominique Voynet et José Bové ;
-Les listes du Modem ont perdu 12 % des inscrits par rapport à François Bayrou.
Les résultats ne le permettent pas, mais pour une comparaison plus précise il
faudrait augmenter les pertes de la Majorité présidentielle et diminuer celles du Modem, puisque le 7 juin le Nouveau centre était avec l’UMP et au contraire avec François Bayrou pour
l’élection présidentielle.
Ce constat montre que hormis Europe écologie chaque formation a subi de grosses
pertes. Il y a, proportionnellement à leur score respectif à l’élection présidentielle, à peu près autant de déçus du Sarkozisme, du PS et du Modem. Le revers est donc assez
comparable pour chacun. La plupart de ces déçus ont choisi l’abstention ou le vote blanc et Europe écologie n’en a capté qu’une petite partie, à peine un dixième. Cette
formation n’a donc pas été portée par une vague comme l’ont dit certains médias, mais seulement par un clapotis.
La sanction de l’électorat ne s’est pas manifestée par le vote mais par
l’abstention. Elle s’est adressée aux principaux promoteurs de l’Europe libérale. Celle ci s’est révélée impuissante à protéger les citoyens et de la mondialisation et son cortège de
délocalisations et plus récemment de la crise. De ce fait, une forte proportion de nos concitoyens et surtout les couches populaires se sentent, tous les jours, un peu plus condamnées au chômage,
à la baisse du pouvoir d’achat, voire à la pauvreté. Ils avaient voté contre le traité constitutionnel mais ceux là les ont dupés. Si Europe écologie a été épargné par ce mouvement, c’est sans
doute parce que leur discours, destiné à créer l’illusion que cette Europe peut devenir bénéfique sans en changer les fondements mais par leur seule volonté, a été pris pour argent comptant par
une petite minorité.
Samedi 13 juin à 14h30,
Emmanuel Todd, invité du 1er Festival de Géopolitique à Grenoble (Ecole de Management, 12 rue Piere Sémard) animera une conférence sur : "Le proctectionnisme au service de la paix ou de la
guerre économique?"
Rencontre avec Emmanuel Todd, historien, démographe et sociologue, dont l'essai "Après la démocratie" permet de comprendre pourquoi la société française hésite entre ethnicisation et
retour de la lutte des classes, pourquoi les hommes politiques vont devoir envisager une nouvelle politique économique, protectionniste à l'échelle européenne.
Le Mouvement Républicain et Citoyen ne prend pas part à la campagne des élections européennes. Il préconise, le 7 juin prochain, un vote blanc ou nul à ces élections européennes.
Pourquoi ?
Cette élection à un Parlement-fantôme est un trompe l’œil. Dans cette enceinte où 770 soi-disant députés inconnus de leurs électeurs peuvent s’exprimer trois minutes chacun, en usant de l’une des
vingt-deux langues officielles reconnues, aucune volonté générale ne peut bien évidemment s’exprimer.
M. Sarkozy, à Nîmes, a parlé de politique de change volontariste, de protection communautaire et de politique industrielle commune, mais il sait très bien que le texte du traité de Lisbonne qu’il
a fait adopter, l’en empêchera. La même schizophrénie – pour ne pas dire hypocrisie - frappe le Parti socialiste qui a approuvé lui aussi le traité de Lisbonne. D’ores et déjà MM. Brown et
Zapatero ont fait savoir que les députés travaillistes anglais et ceux du PSOE espagnol soutiendraient le candidat libéral à la présidence de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso.
Cette élection est vide de contenu.
Ni le NPA de M. Besancenot ni le « Front de gauche » ne proposent de stratégie de redressement crédible. L’un ne veut pas venir au pouvoir. L’autre méconnaît le ressort que peut constituer
l’exercice de la souveraineté nationale, c’est-à-dire de la démocratie, dans une Europe qui est faite d’une trentaine de nations.
C’est sur celles-ci qu’il faudra s’appuyer pour redresser une construction européenne que le dogme libéral et le mythe d’un peuple européen inexistant vouent à l’impuissance. Le Mouvement
républicain et citoyen appelle au vote blanc ou nul de préférence à l’abstention : le peuple français, en effet, ne doit pas laisser bafouer la volonté qu’il a démocratiquement exprimée le 29 mai
2005.
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