Samedi 13 juin 2009
Au lendemain de l’élection du 7 juin, de nombreux commentaires ont déclarés victorieux  le Président de la République et Europe écologie. Certes, les listes de la majorité présidentielle sont arrivées en tête avec une avance significative sur leurs suivantes. Est-ce vraiment une victoire ou au contraire un revers ? Celles d’Europe écologie ont réalisé un pourcentage inattendu. Est-ce aussi une victoire ou seulement un succès bien limité ?

 

Le phénomène majeur de cette élection est le total de l’abstention massive et du vote blanc qui dépasse 61 %. Par conséquent les liste de la majorité présidentielles ne recueillent que 10,8 % des inscrits, celles du PS 6,4 %, celles d’Europe écologie 6,3 % et celles du Modem 3,3 %. Avec de tels scores on peut se demander, à bon droit, quelle légitimité ont les élus. Par ailleurs, en comparant les résultats des quatre listes arrivées en tête à ceux des candidats à l’élection présidentielle de 2007, on peut faire le constat suivant :

-         Les listes de la majorité présidentielle ont perdu 15 % des inscrits par rapport à Nicolas Sarkozy ;

-         Les listes du Parti socialiste  ont perdu 15 % des inscrits par rapport à Ségolène Royale ;

-         Les listes Europe écologie ont gagné 4 % des inscrits par rapport à Dominique Voynet et José Bové ;

-         Les listes du Modem ont perdu 12 % des inscrits par rapport à François Bayrou.

 

Les résultats ne le permettent pas, mais pour une comparaison plus précise il faudrait augmenter les pertes de la Majorité présidentielle et diminuer celles du Modem, puisque le 7 juin le Nouveau centre était avec l’UMP et au contraire avec François Bayrou pour l’élection présidentielle.

 

Ce constat montre que hormis Europe écologie chaque formation a subi de grosses pertes. Il y a, proportionnellement  à leur score respectif à l’élection présidentielle, à peu près autant de déçus du Sarkozisme, du PS et du Modem. Le revers est donc assez comparable pour chacun. La plupart de ces déçus ont choisi l’abstention ou le vote blanc et Europe écologie n’en a capté qu’une petite partie, à peine un dixième. Cette formation  n’a donc pas été portée par une vague comme l’ont dit certains médias, mais seulement par un clapotis.

 

La sanction de l’électorat ne s’est pas manifestée par le vote mais par l’abstention. Elle s’est adressée aux principaux promoteurs de l’Europe libérale. Celle ci s’est révélée impuissante à protéger les citoyens et de la mondialisation et son cortège de délocalisations et plus récemment de la crise. De ce fait, une forte proportion de nos concitoyens et surtout les couches populaires se sentent, tous les jours, un peu plus condamnées au chômage, à la baisse du pouvoir d’achat, voire à la pauvreté. Ils avaient voté contre le traité constitutionnel mais ceux là les ont dupés. Si Europe écologie a été épargné par ce mouvement, c’est sans doute parce que leur discours, destiné à créer l’illusion que cette Europe peut devenir bénéfique sans en changer les fondements mais par leur seule volonté, a été pris pour argent comptant par une petite minorité.

 

Jean-François DELAHAIS


Par Jean-François Delahais - Publié dans : Elections
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Vendredi 12 juin 2009
Samedi 13 juin à 14h30,
Emmanuel Todd, invité du 1er Festival de Géopolitique à Grenoble (Ecole de Management, 12 rue Piere Sémard) animera une conférence sur : "Le proctectionnisme au service de la paix ou de la guerre économique?"

Rencontre avec Emmanuel Todd, historien, démographe et sociologue, dont l'essai "Après la démocratie" permet de comprendre pourquoi la société française hésite entre ethnicisation et retour de la lutte des classes, pourquoi les hommes politiques vont devoir envisager une nouvelle politique économique, protectionniste à l'échelle européenne.

Le programme complet est sur www.anteios.org


Par Eléonore Perrier - Publié dans : Notre actu
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Jeudi 11 juin 2009

Nombre de siège(s) à pourvoir : 13

 

Liste Elus
Démocrates pour l'Europe liste soutenue par François Bayrou (LCMD) M. Jean-Luc BENNAHMIAS
Liste Front National présentée par Jean-Marie Le Pen (LFN) M. Jean-Marie LE PEN
Europe Ecologie avec Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové (LVEC) Mme Michèle RIVASI
M. François ALFONSI
Mme Malika BENARAB-ATTOU
Quand l'Europe veut, l'Europe peut - Majorité Présidentielle - UMP - Nouveau Centre - la Gauche Moderne conduite par Françoise Grossetête (LMAJ) Mme Françoise GROSSETETE
M. Damien ABAD
Mme Dominique VLASTO
M. Gaston FRANCO
Mme Nora BERRA
Front de gauche pour changer d'Europe (LCOP) Mme Marie-Christine VERGIAT
Changer l'Europe maintenant avec les socialistes (LSOC) M. Vincent PEILLON
Mme Sylvie GUILLAUME


   RESULTATS*

  Nombre   
% Inscrits
% Votants
Inscrits 7 679 850    
Abstentions 4 635 847 60,36  
Votants 3 044 003 39,64  
Blancs ou nuls 104 364 1,36  3,43
Exprimés 2 939 639 38,28  96,57
Par Eléonore Perrier - Publié dans : Elections
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Jeudi 14 mai 2009

Le Mouvement Républicain et Citoyen ne prend pas part à la campagne des élections européennes. Il préconise, le 7 juin prochain, un vote blanc ou nul à ces élections européennes.

Pourquoi ?

Cette élection à un Parlement-fantôme est un trompe l’œil. Dans cette enceinte où 770 soi-disant députés inconnus de leurs électeurs peuvent s’exprimer trois minutes chacun, en usant de l’une des vingt-deux langues officielles reconnues, aucune volonté générale ne peut bien évidemment s’exprimer.

M. Sarkozy, à Nîmes, a parlé de politique de change volontariste, de protection communautaire et de politique industrielle commune, mais il sait très bien que le texte du traité de Lisbonne qu’il a fait adopter, l’en empêchera. La même schizophrénie – pour ne pas dire hypocrisie - frappe le Parti socialiste qui a approuvé lui aussi le traité de Lisbonne. D’ores et déjà MM. Brown et Zapatero ont fait savoir que les députés travaillistes anglais et ceux du PSOE espagnol soutiendraient le candidat libéral à la présidence de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso. Cette élection est vide de contenu.

Ni le NPA de M. Besancenot ni le « Front de gauche » ne proposent de stratégie de redressement crédible. L’un ne veut pas venir au pouvoir. L’autre méconnaît le ressort que peut constituer l’exercice de la souveraineté nationale, c’est-à-dire de la démocratie, dans une Europe qui est faite d’une trentaine de nations.

C’est sur celles-ci qu’il faudra s’appuyer pour redresser une construction européenne que le dogme libéral et le mythe d’un peuple européen inexistant vouent à l’impuissance. Le Mouvement républicain et citoyen appelle au vote blanc ou nul de préférence à l’abstention : le peuple français, en effet, ne doit pas laisser bafouer la volonté qu’il a démocratiquement exprimée le 29 mai 2005.
Par Eléonore Perrier - Publié dans : Elections
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Jeudi 9 avril 2009

Article de Jean-Pierre Chevènement, paru dans la revue "Hors les murs" des anciens élèves de l'ENA, avril 2009.


Finie l’ère du tout marché, du principe de la concurrence libre et non faussée, de l’interdiction des aides d’Etat, de la prohibition des déficits et des endettements excessifs ! Depuis l’automne 2008, la « main invisible » censée réaliser l’optimum social pourvu que l’autorité publique ne s’en mêlât point n’inspire plus confiance. Les dieux du Marché sont tombés de leurs autels. Les grands prêtres se sont tu. La foule qui se prosternait à l’énoncé de vérités éternelles qui tombaient de leurs bouches a déserté leurs temples.

L’Etat est revenu avec ses gros sabots pour assurer plans de refinancement et plans de relance face à la dépression. C’est celle-ci qui a conduit, en catastrophe, les politiques, libéraux de doctrine ou fraîchement convertis, à changer de pied devant les foules éberluées.

« A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ». C’est par centaines de milliards de dollars ou d’euros que s’énoncent les plans destinés à sauver les banques de la faillite. Les pays anglo-saxons ne reculent pas devant les nationalisations. D’autres, de tradition moins libérale, comme la France, se bornent paradoxalement à prêter à leurs banques à des taux presque usuraires pour qu’elles continuent de financer l’économie à des taux bien inférieurs. Comprenne qui pourra : La plus grande de nos banques par exemple qui continue de déclarer des bénéfices, s’endette à grands frais auprès de l’Etat et rachète dans le même temps des activités bancaires dans les pays voisins. Dans tout cela flotte comme un air d’improvisation. Les doctrinaires du désendettement public viennent maintenant expliquer qu’il y a « la bonne dette » à côté de la mauvaise, et que l’explosion des déficits n’est en fait qu’une illusion d’optique. Après les plans de refinancement viennent les plans de relance, dont l’effet paraît nul, tant le bruit sourd d’un effondrement continu monte des profondeurs de l’économie : deux millions et demi d’emplois supprimés aux Etats-Unis en quelques mois. Un million de chômeurs supplémentaires en Espagne en moins d’un an. En un trimestre, les ventes et la production d’automobiles plongent presque partout de 40 %.

Une chose cependant devrait frapper les esprits : si leurs effets ne sont pas encore visibles, les plans de relance ont été annoncés partout par les autorités nationales, à l’instar des Etats-Unis. En Europe, c’est le Président en exercice de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy, qui a pris l’initiative de lancer son plan à travers une instance qui ne s’était jamais encore réunie, le G4, c’est-à-dire les quatre principales économies européennes, puis le G16, instance tout aussi improvisée puisqu’elle consistait à faire entrer la Grande-Bretagne dans l’Eurogroupe. Il en a résulté deux choses : un montage qui juxtaposait les plans nationaux et qu’approuva in fine l’Union à vingt-sept, et enfin l’initiative d’un G20 imposée à un G.W. Bush finissant. Il est vrai qu’une relance coordonnée répondait à l’intérêt bien compris des Etats-Unis. Dans cette affaire, non seulement Nicolas Sarkozy, mais aussi Gordon Brown et l’Administration américaine elle-même, ont donné l’exemple d’une réactivité inattendue de la part de dirigeants présumés libéraux. C’est en tout cas dans le cadre national que des décisions d’une ampleur jamais vue depuis des décennies ont été prises. L’Union à vingt-sept et le G20 n’ont été que de vastes mises en scène. De bout en bout, les décisions ont été nationales, y compris dans l’Allemagne de Mme Merkel, au départ la plus réticente à agir dans un cadre européen ou même tout simplement multilatéral. Les décisions ont été nationales pour une raison toute simple : la nation reste le seul cadre démocratique où des gouvernants appuyés sur l’opinion publique et sur le Parlement ont la légitimité pour agir avec force à l’échelle requise. La Commission européenne a disparu dans un trou de souris. Le FMI fait des communiqués. Les textes européens ont été « suspendus ». Le retour du politique s’est donc fait dans un cadre national. Seuls jusqu’alors des responsables politiques portés sur la théorie, c’est-à-dire isolés, avaient osé soutenir que les marchés financiers n’étaient pas l’horizon de l’humanité mais que les peuples et les nations restaient les permanences de l’Histoire. Depuis près de trois décennies, la « doxa » libérale avait réussi à diaboliser l’intervention de l’Etat dans l’économie et à ringardiser l’idée même d’une politique industrielle. Mais dans l’immense désarroi qui s’est emparé des esprits après la chute des géants de la finance de Wall Street, on s’est tourné d’emblée et comme instinctivement, vers les pouvoirs qui trouvaient leur source dans le vouloir-vivre des nations. Celles-ci qu’on avait démonisées comme l’origine des pires fléaux, retrouvaient leurs couleurs. Certes il ne s’agit pas d’un retour au nationalisme, perversion de l’idée de nation, mais simplement de la réaffirmation du rôle démocratique des nations qui, au début du XXIe siècle, partagent d’ailleurs les mêmes valeurs et les mêmes principes.

Le retour à la nation a des raisons plus prosaïques : C’est qu’il allait falloir payer. On se tournait vers le citoyen. On se tournait aussi vers le contribuable. Seul l’Etat en effet pouvait offrir une garantie pour les prêteurs. Lui seul paraissait assez armé pour tirer des traites sur l’avenir.

Mais quel avenir ? Arrivés à ce point, les thuriféraires du libéralisme hésitent. Leur voix tremble. Ils veulent se rassurer. Il ne saurait, bien évidemment, à leurs yeux, n’être question que d’ouvrir une « parenthèse interventionniste » comme il y eut pour d’autres, jadis, en 1983, une « parenthèse libérale ». Ils se refusent encore à réglementer, à prendre des participations publiques au capital des entreprises, à fixer des plafonds aux rémunérations. Ils préfèrent s’en remettre aux codes de bonne conduite qu’on laisse aux patrons le soin d’élaborer. La faiblesse de cette position commence à apparaître.

Car on devine que la crise sera longue et profonde. Immenses sont les problèmes qui restent irrésolus : réglementation des hedge funds et des banques en général, prohibition des paradis fiscaux, politique des revenus, parités monétaires, programmes publics et politiques industrielles capables de soutenir une relance enfin efficace, etc.

Le retour du politique prendra du temps, lui aussi. Il s’avance à tâtons et ne sait encore la forme qu’il prendra. Une chose est sûre : il faudra inventer ou réinventer l’Etat, développer les capacités d’anticipation, de prévision et de programmation, articuler le renouveau du civisme à de nouvelles formes de patriotisme, trouver des formes de coordinations encore inédites à l’échelle internationale, penser une Europe à géométrie variable, des institutions économiques et monétaires mondiales, associant aux vieux pays riches les puissances émergentes, sans oublier – espérons-le – les pays qui n’émergent pas.

Surtout il faudra donner forme humaine au retour du politique : recréer l’espoir en pensant le monde avec trente ans d’avance. Déjà on devine que d’immenses investissements sont nécessaires pour préparer l’après-pétrole, limiter l’émission de gaz à effet de serre, nourrir l’humanité, économiser les biens rares : eau, air, sols, et que l’idée de service public garde toute sa force pour faire de la santé, de l’éducation, de la culture et de la recherche les vraies priorités du développement humain. Ces priorités, pourtant incontestables, ne s’imposeront pas d’elles-mêmes. Pour dépasser les concurrences et les tensions inévitables et préparer un monde réellement meilleur, on ne fera pas l’impasse des luttes et de la conscience, bref de ce qu’on appelle « la politique ».
Par Eléonore Perrier - Publié dans : Nos propositions
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