Jeudi 13 novembre 2008
Le MRC propose d’en débattre lors d’une réunion publique ouverte à tous, avec les thèmes et invités suivants : 

-          La reprise en main par l’Etat de la banque et de la finance : par Jacques SAPIR, directeur d’études à l’EHESS (dernier ouvrage paru : « Le nouveau XXIe siècle », Seuil 2008)           

-         
L’incontournable réorientation de la gauche en Europe : par Ernst HILLEBRAND, directeur du bureau parisien de la Fondation Friedrich Ebert (voir ses articles dans Le Débat, la Revue socialiste, etc.)

-         
Sortir du libre-échange : par Jean-Luc GREAU, économiste (dernier ouvrage paru : « La trahison des économistes », Le Débat-Gallimard 2008)

-         
La France dans le monde qui vient : par Jean-Pierre CHEVENEMENT, président du MRC, sénateur du Territoire de Belfort


Cette réunion publique se tiendra                       
Jeudi 4 décembre entre 18h30 et 21h
Salle Paul Delouvrier Conseil Régional d’Ile de France
35 Bld des Invalides – 75007 Paris
Métro : Saint-François-Xavier

par Eléonore Perrier publié dans : Nos propositions
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Dimanche 2 novembre 2008

Météo France, comme hélas de nombreux services publics, est soumis a des vents "libéraux" de plus en plus forts. Depuis quelques décennies des tempêtes ont déjà conduit à la modification du service public en Etablissement public et à la création de filiales partagées avec des intérêts privés pour les activités les plus marchandes.

Aujourd'hui un avis de tempête "Sarkoziste"  remettant en  cause le maillage territorial  indispensable  pour des observations fiables et des prévisions précises est clairement planifié. Ainsi c'est un maillon précieux pour la sécurité des personnes et des biens, et notamment en situation de crise,  que le gouvernement  scie. Pour répondre à la pression des critères de convergences du traité de Maastricht, le gouvernement du Président Sarkozy a décrété le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans le secteur public. Dans la même logique il  raye de la carte plus d'un centre départemental sur deux, mettant à mal la capacité d’expertise locale fine de Météo-France..

Face à ces mauvaises décisions dictées par le dogme de la libéralisation des services et leur  mise en concurrence, les agents, techniciens et ingénieurs  organisent  un mouvement d'alerte et de protestations. Aussi, au nom du comité de l'Isère du « Mouvement Républicain et Citoyen », nous avons rencontré des responsables syndicaux de METEO France ce mercredi 29 octobre 2008, après midi. Durant un échange approfondi ils ont pu nous présenter leurs activités et les projets de réduction des effectifs et de démantèlement de METEO France qu'a planifiés le gouvernement avec les conséquences sur leur travail et la qualité de service.

Nous avons réaffirmé que nous pensions qu'un service public est le mieux à même d'assurer un  service d'observation et de prévision de qualité au service de l'intérêt général, de la sécurité et de l'organisation de notre pays et que nous soutenions leur mobilisation.

 

J'adresserai un courrier à Jean Pierre Chevènement pour attirer son attention sur l'importance du mouvement engagé par les agents de Météo France et les conséquences de la casse de ce service public.

Frédéric Vergez

par Eléonore Perrier publié dans : Notre actu
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Mardi 14 octobre 2008

Un appel de 21 organisations. A signer les yeux fermés pour les garder ouverts à l'avenir ...

Notre pays a cette chance extraordinaire de disposer d’un grand service public laïque d’Education. Il traduit notre choix républicain d’une société où tous les citoyens vivent ensemble. Mais imagine-t-on ce que deviendrait ce principe, sans ce tour de force de l’accueil de tous les jeunes, sans distinction, réalisé quotidiennement par notre École ?

Cette Ecole publique, que nous aimons pour ses réussites incontestables, rencontre aussi des difficultés. C’est pourquoi nous souhaitons passionnément qu’elle évolue et se transforme pour s’acquitter vraiment de sa mission démocratique : faire réussir tous les jeunes, pas seulement les plus favorisés ou les plus « méritants ».

Pour nous, ce débat et cet effort concernent tous les citoyens car, à travers l’avenir de la jeunesse, c’est celui du pays qui se joue.

Or, en lieu et place de ce que devrait nécessiter cette grande cause nationale, rassemblant largement les citoyens, à quoi assistons-nous ? Au spectacle d’une politique gouvernementale qui, au-delà des habillages, ne voit dans l’Education qu’un moyen d’économiser. Plus que tout discours, la préparation du budget 2009 en est la démonstration : 13500 suppressions d’emplois programmées, soit, dans le cadre triennal dans lequel ce budget s’inscrit, plus de 40 000 postes promis à disparition sur les 3 ans, à rajouter aux 11 200 suppressions de cette année !

Tout n’est sans doute pas question que de postes en matière éducative, mais nous affirmons que rien ne pourra se faire dans cet acharnement d’un « toujours moins de postes » ! Rien ne pourra davantage se faire avec des réformes à marche forcée encore moins lorsqu’elles aboutissent à de vraies régressions. Rien ne pourra se faire non plus si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions, déléguant hors de l’école ce qu’elle doit assurer pour tous.

Aussi, nous poussons aujourd’hui un cri d’alerte : cette politique va détériorer sur le long terme le service public d’Education. Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les injustices et les inégalités.

De ce projet, nous ne voulons pas ! Nous voulons une politique éducative ambitieuse faisant avancer notre Ecole publique en mettant au cœur la réussite de tous les jeunes. Nous voulons pour cela d’autres choix.
Nous en appelons à toutes celles et tous ceux qui pensent que l’Education est une richesse pour notre pays, que l’avenir se joue aujourd’hui, à toutes celles et tous ceux qui refusent que la politique suivie n’entraîne, pour de nombreuses années, le service public d’Education dans l’affaiblissement. Quelle place veut-on donner à l’Education dans notre pays ? Quel citoyen, quelle citoyenne, veut-on préparer ? Nous n’acceptons pas que la société découvre a posteriori qu’on aurait répondu à sa place, en catimini, à ces questions fondamentales !

Alors, mobilisons-nous ensemble, débattons, parlons, proposons, interpellons l’opinion, agissons sans attendre !

Rassemblons-nous tous dans une grande manifestation nationale le dimanche 19 octobre à Paris.

Signez cet appel sur : http://www.uneecole-votreavenir.org/


Les organisations à l’initiative de cet appel :
AFL - Cé - CEMEA - CRAP-Cahiers pédagogiques - FAEN - FCPE - FEP-CFDT - FERC-CGT - FGPEP - FIDL - Les FRANCAS - FSU - GFEN - ICEM-pédagogie Freinet - JPA - La Ligue de l’Enseignement - SGEN-CFDT - SUD Education - UNEF - UNL - UNSA Education


Les organisations qui soutiennent cet appel :
AEAT - AFPEN - AGEEM - AMUF - ANATEEP - APBG - APSES - APKHKSES - ATTAC France - CFDT - CGT - CNAJEP - CNAL - EEDF - FFMJC - FNAME - Bureau national FNAREN - FNDDEN - FNFR - FOEVEN - LDH - MRAP - PRISME - UDPPC - UFAL - UNSA

par Eléonore Perrier publié dans : Notre actu
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Mardi 30 septembre 2008
Le Comité Rhne Alpes de l'association Sauvons le climat propose un cycle de 4 conférences-débats indépendantes sur les "Enjeux énergétiques et enjeux environnementaux".

Cette initiative s'inscrit dans le cadre des forums "Scines et démocratie" mise en place par la Communauté d'Agglomération Grenobloise (la METRO) et est soutenue par les Villes de Grenoble et de Vizille.

Quelles énergies pour les transports?
Jeudi 2 octobre à 20h00

Le chauffage : confort énergie et environnement
Jeudi 9 octobre à 20h30

L'électricité dans la politique énergétique
Jeudi 16 octobre à 20h

Politiques publiques et enjeux énergétiques
Jeudi 30 octobre à 20h

Pour de plus amples informations: http://www.sauvonsleclimat.org



par Eléonore Perrier publié dans : Notre actu
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Mardi 23 septembre 2008

« A l'heure même où j'écris, et où je commente ces grandes pensées de la bourgeoisie révolution­naire, les mots décisifs de la société humaine issue de la Révolution, les mots de justice, de liberté, ont des sens de classe : par la liberté, le capitalisme entend la force d'expansion illimitée du capital ; le prolétariat entend l'abolition du capitalisme. Pour les uns, le mot justice contient le dividende, et, pour les autres, il l'exclut »

Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française, Tome 2, page 496, Editions sociales, 1970


Au cours des années 60, sous la pression des Etats-Unis, le commerce international a été progressivement libéralisé dans le cadre du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). Le Kennedy Round (1964-1967) sera suivi du Tokyo Round (1973-1979) de  l’Uruguay Round dont la conclusion à Marrakech, en 1995, donnera naissance à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

 

En1973, après plusieurs soubresauts,  le système monétaire international, mis en place en 1944 sur la base des accords de Bretton Woods,  est mis en pièces. Le monde entre dans un système de change flexible, les monnaies flottent les unes par rapport aux autres.

A partir de juin 1984 sous l’impulsion du gouvernement la France a procédé à la déréglementation financière, le marché des capitaux a progressivement été libéralisé jusqu’à son aboutissement en 1987 avec la ratification de l’acte unique européen qui a institué la libre circulation des capitaux.

Ces mesures de déréglementation ont eu pour objet, et en tous cas pour conséquence, de nous soumettre à la concurrence instaurée comme règle essentielle de fonctionnement de l’économie mondiale.

Si la concurrence peut avoir, y compris en économie, diverses significations, il s’agit ici de la concurrence au sens ou l’entendent les néo-classiques et telle que la conçoivent les multinationales et les institutions du capitalisme financier qui dominent de plus en plus l’économie mondiale. C’est la fameuse « concurrence libre et non faussée » dans « une économie de marché ouverte » qui figurait déjà dans le traité de Maastricht, dans le projet de traité constitutionnel refusé par les Français et que l’on retrouve maintenant dans le traité dit simplifié.

Pourtant ce marché de concurrence pure et parfaite qui est censé nous faire vivre dans un monde idyllique n’est absolument pas réaliste. Rappelons quelques conditions nécessaires au fonctionnement de ce marché pour ceux d’entre nous qui ne les auraient pas en tête :

-          Le prix déterminé par le marché doit être indépendant de l’action de chaque acheteur et de chaque vendeur ;

-          La liberté des acheteurs et des vendeurs doit être totale, aussi ni un Etat ni aucun groupement ne doivent intervenir par un règlement ou une entente quelconque ;

-          Ce marché doit être transparent, c'est-à-dire que chaque participant doit être parfaitement informé des quantités offertes et demandées et du prix auxquels ces quantités sont offertes ou demandées ;

-          Les produits doivent être homogènes, c'est-à-dire que les produits livrés par les vendeurs doivent être considérés comme identique par les acheteurs ;

-          La mobilité des produits et des facteurs de production doit être parfaite.

Prétendre que ce marché doit jouer un rôle central dans l’organisation économique parce qu’il a automatiquement un rôle positif relève de l’affabulation. Les économistes qui nous tiennent ce discours ne sont pas des scientifiques mais des idéologues voire des doctrinaires de la religion libérale. Et les politiques, comme les technocrates de Paris de Bruxelles et des organisations internationales qui nous imposent ce mode d’organisation ne servent pas l’intérêt des peuples mais celui du capitalisme financier qui profite de la loi du plus fort.

Car cette globalisation financière a un coût pour les peuples du monde entier. Elle est la source d’une faible croissance et de chômage dans de nombreux pays, elle provoque des délocalisations, elle creuse les inégalités entre pays riches et pays pauvres mais aussi entre pauvres et riches dans chaque pays. « Au regard des disparités considérables des sa­laires réels des différents pays, la politique libre-échangiste mondialiste, aggravée par le système des taux de change flottants et la déréglementation totale des mouvements de capitaux, n'a fait qu'engendrer destruction des emplois, réduction de la croissance, désordres, instabilité, et misères de toutes sortes. » [1]

Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie, plutôt libéral d’ailleurs, a montré chiffres et tableaux à l’appui qu’à partir de 1974 notre croissance a été divisée par un peu plus de 2 et que ce phénomène est parfaitement corrélé avec la montée du chômage. Ainsi le Chômage, au sens du BIT, qui était de 630 000 en 1974 est monté à 3 192 000 en 1997 chiffre qui aurait été bien supérieur sans la politique de l’emploi. Par contre le sous emploi total, qui était au niveau du chômage selon le BIT en 1974,  est monté à 6 050 000. Depuis 1974, les pertes d’emploi ont principalement concerné l’industrie et massivement.

 

Le libre échange s’appuie sur la théorie des coûts comparés de Ricardo (1817). C’est un modèle qui repose sur l’hypothèse que les fonctions de production reste invariable au cours du temps. En fait, il ne peut en être ainsi que pour les ressources naturelles. Dans le domaine industriel aucun avantage comparatif n’est permanent (technologies, compétence de la main d’œuvre, niveau des salaires, infrastructures, énergie, etc..). La disparition de certaines activités dans un pays développé en raison des avantages comparatifs d’une époque pourra se révéler dramatique lorsque plus tard ces avantages disparaîtront et qu’il faudra reconstituer ces activités (recherches abandonnées, perte de savoir faire, coût d’investissement, etc.)

La doctrine libre échangiste prétend que le fonctionnement libre et automatique des marchés conduit à « l’allocation efficace des ressources »[2] et à une situation optimale pour tous les pays et tous les groupes sociaux. C’est une pure fumisterie et pourtant cette croyance inspire des politiques qui impliquent qu’une part toujours plus grande des activités humaines passe sous le contrôle du marché ce qui entraîne la marchandisation d’un nombre de biens et services toujours croissant et le démantèlement des services publics.

Pour les organisations internationales (FMI, Banque mondiale, OMC, OCDE, UE), le libre échange ne peut être que créateur d’emploi et d’accroissement du niveau de vie et la concurrence des pays à bas salaire ne peut être cause de chômage. Celui-ci ne s’explique, selon elles, que par l’incapacité des pays développés à s’adapter à la globalisation. Pour réussir dans ce contexte les coûts salariaux doivent être abaissés et surtout ceux des salariés les moins qualifiés. Leur catéchisme se traduit dans la réalité par une forte réduction de la part des salaires dans la valeur ajoutée. Elle est passée en France de 70 % à 60 %  dans les 10 ans qui ont suivi 1983 pour atteindre 58 % en 2005. Si en France elle a peu baissé entre 2002 et 2006 (de 58,45 à 58,10 %), elle est par contre descendue en Allemagne, dans la même période, de 58,22 % à 54,88 %.

Mais la réalité c’est aussi  une croissance très faible dans la zone euro qui est fortement tributaire du niveau de l’activité aux Etats-Unis. Le chômage et le sous emploi sont toujours très importants malgré les chiffres annoncées depuis un an. Leur tendance à la baisse est due à la faible augmentation du nombre d’actifs potentiels qui provient du retournement démographique avec la fin des effets du baby boom et surtout aux tripatouillages statistiques.

La baisse des salaires : ce n’est que reculer pour mieux sauter. Il est impossible de concurrencer les pays émergents comme la Chine l’Inde, etc. qui ont des salaires 10, 20, 50 fois moins élevés que les nôtres suivant les qualifications. « À l'atelier, le mingong n'a aucun droit. Il est payé à la journée, une journée extensible de dix, douze, parfois même quinze heures, sans aucun contrat de travail. Il doit assumer toutes les conséquences d'un accident du travail ou d'une maladie. Il peut être mis à pied du jour au lendemain sans explication. À la ville le mingong est un véritable paria. Il est objet de mépris et d'ostracisme de la part des citadins, accusé de tous les maux. Une bonne partie des métiers urbains lui sont interdits. »[3]

Les partisans de cette mondialisation prétendaient il y a une dizaine d’années qu’il n’était pas grave de perdre des activités dans les secteurs traditionnels. Selon eux, nous devions nous rattraper dans les secteurs riches en technologies et dans les services. Ils devraient convenir aujourd’hui que leur pari était erroné. Beaucoup de pays émergents maîtrisent très vite les technologies les plus sophistiquées. Aujourd’hui La Chine forme plus de chercheurs et d’ingénieurs que l’UE et l’Inde plus d’informaticiens.

Les mêmes prédisaient également que les écarts de salaires se réduiraient rapidement, or il n’en est rien car la très forte croissance de ces pays n’est pas dû à une élévation de leur niveau de vie mais à leurs exportations. Seule une minorité profite du développement.

Que se passe-t-il en réalité ? Des entreprises délocalisent en transférant leurs technologies  et leur savoir faire dans ces pays ou elles emploient cette main d’œuvre à bas coût et sans protection sociale mais capable de s’adapter et d’avoir rapidement une productivité qui approche la nôtre. Elles rapatrient ensuite des produits qu’elles peuvent vendre moins cher sur les marchés occidentaux tout en augmentant leur profit dans des proportions considérables. Baisser les salaires, réduire la protection sociale, démanteler nos services publics ne peuvent y suffire ! A moins de régresser au niveau des pays émergents, il est impossible de les concurrencer dans de nombreux domaines. En fait, la mondialisation  met en concurrence les systèmes sociaux et fiscaux.

« Le libre-échange entre des pays ayant des systèmes sociaux et fiscaux différents n'organise pas la concurrence entre les entrepre­neurs, mais entre les choix sociaux et fiscaux des citoyens de ces pays. Or, s'il est légitime que des projets entrepreneuriaux soient mis en concurrence, car ils relèvent du monde du marché, les cadres sociaux et fiscaux traduisent des choix politiques collectifs. Ils relèvent d'un espace radicalement différent de celui du marché. Vouloir les mettre en concurrence revient à faire voter des citoyens d'un pays sur les choix dans un autre pays. Il y a non seulement une négation du principe de la démocratie, mais surtout une profonde imposture à prétendre alors que le libre-échange valide l'efficience de choix économiques. »[4]  

Dans ce contexte la concurrence entre les systèmes sociaux et fiscaux est aggravée par la valeur relative des monnaies. L’Euro cher désavantage fortement les pays comme la France ou l’Italie qui au contraire de l’Allemagne ont une structure de leur industrie qui les expose plus directement à la concurrence internationale.

Confrontées à la tourmente de cette concurrence effrénée et soumise de plus en plus à l’exigence d’actionnaires qui leur imposent des rendements de 15 à 20 % pour leurs capitaux, les entreprises n’ont en définitive que le choix de péricliter ou de délocaliser. L’aboutissement logique de la mondialisation c’est la destruction progressive de notre industrie.

Dés lors que la création des biens matériels nous échappe l’appropriation, par les rentiers, d’une partie des richesses au niveau de la production  devient aléatoire. Les marchés financiers et la spéculation prennent le relais. Leur expansion considérable s’est accompagnée de bulles financières répétitives qui ont eu chaque fois des conséquences négatives sur l’économie réelle.

Les questions de fond que nous pose la mondialisation financière ne sont pas nouvelles. Elles sont inhérentes au capitalisme. Déjà sous la « Législative » la gauche s’opposait aux girondins partisans du libre échange et la question du change des assignats était au cœur des débats. La première mondialisation qui avait certes des caractéristiques assez différentes n’a duré qu’une cinquantaine d’année. Elle a conduit à la première guerre mondiale  et s’est éteinte avec elle. Cela montre que rien n’est irréversible.

Mais comme on vient de le voir, la globalisation financière remet en cause la souveraineté populaire, impose la réduction de la dépense publique, détruit les services publics, creuse les inégalités. Elle est en contradiction absolue avec les  valeurs essentielles de la gauche républicaine.

La refondation de la gauche ne peut donc se faire qu’en se situant très clairement par rapport à la globalisation financière et en élaborant des propositions audacieuses. Comme le disait Claude Nicolet à l’université d’été du MRC, il nous faut « Bâtir les analyses et les outils qui nous permettrons de nous imposer dans la bataille idéologique et intellectuelle que la gauche vient de perdre. ».

 La bataille idéologique

Il s’agit d’abord de convaincre que la pensée unique ultra libéral n’a pas de fondement scientifique mais qu’elle est un discours purement idéologique qui promeut la loi du plus fort au seul profit des multinationales et des fonds d’investissement.

Sur certains aspects nous trouvons des alliés. « La doctrine simpliste du libre-échangisme, et son application brutale, est une des plus funestes er­reurs qui ont dominé les politiques des vingt-cinq dernières années. Jamais la constatation de Rabelais n'a eu plus de sens : "L'ignorance est mère de tous les maux".C'est cette ignorance qu'il convient de dénoncer et qu'il faut combattre partout où elle s'affirme, dans toutes les universités dans tous les pays, et dans toutes les organisations internationales. »[5]

Certaines questions avancent un peu, pendant plusieurs années il était complètement tabou de prononcer le mot « protection » et de porter des critiques  contre le marché et la concurrence ou contre l’indépendance de la BCE. Ceux qui, comme nous, s’y risquaient étaient vite taxés d’archaïsme. Je ne dis pas qu’aujourd’hui c’est devenu facile mais les réactions sont moins nombreuses et moins vives car, en France, malgré la propagande, le peuple est confronté à la réalité et il comprend mieux que protection n’équivaut pas à autarcie. Le fait que le Président de la république porte des attaques contre la BCE, même si ce n’est que par pur souci de communication, démontre que l’opinion bouge sur ces sujets. Par contre, il y a fort à faire pour surmonter la résignation qui accompagne les privatisations et pour poser la question de la propriété des moyens de production. Pourtant la défense, la survie et la modernisation de nos services publics en dépendent totalement.

Quant aux outils notre logiciel est relativement bien élaboré en ce qui concerne le nécessaire protectionnisme ou la BCE.

Droits de douane que nous avons appelé « éco socio taxes » ou contingents pour nous protéger hors de l’Union, Montant compensatoire sociaux à l’intérieur de l’Union européenne pour ce qui relève de la protection ; ajout de la croissance et de l’emploi dans les missions de la BCE et gouvernement économique de l’Euro qui remettrait en cause  son indépendance.

Par contre il nous reste à approfondir la façon de traiter l’appropriation des moyens de production  pour la rendre réaliste dans le contexte du 21ème siècle. Nous avons de même une réflexion à conduire sur l’avenir de l’Euro. Une monnaie unique à des économies qui ne convergent pas réellement voire qui divergent est-elle tenable à long terme ? Si oui à quelles conditions. Sinon quelles solutions adopter.

Ces questions sont d’une grande importance car la croissance et l’emploi en dépendent.

Les réponses que la gauche leur apportera lui permettront, ou non, de se refonder et de rebondir.




[1] Maurice Allais, La mondialisation la destruction des emplois et de la croissance, Clément Juglar, 1999, p 39

[2] Article 102 A, Article 105 du traité de Maastricht ; Article III-178 du traité constitutionnel refusé par nos concitoyens en mai 2005

[3] Philippe Cohen, Luc Richard, La Chine sera-t-elle notre cauchemar, Mille et une nuits, octobre 2005, p 94

[4] Jacques Sapir, La fin de l’Eurolibéralisme, Seuil, janvier 2006, p 142

[5] Maurice Allais, La mondialisation la destruction des emplois et de la croissance, Clément Juglar, 1999, p 227

Intervention de Jean-François DELAHAIS, le 27 octobre 2007, à l'Union régionale du MRC.

par Jean-François Delahais publié dans : Nos propositions
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