Suite à l'avis défavorable émis par la commission d'enquête sur la Rocade Nord le 22 mars 2010, le MRC rappelle sa position transmise par courrier au commissaire enquêteur.
Grenoble, le 29 novembre 2009
Monsieur le Commissaire enquêteur
Après avoir pris connaissance du dossier d'enquête publique notamment à partir du site internet
www.rocade‐nord.fr, et un débat approfondi, le comité de l'Isère du Mouvement Républicain et
Citoyens souhaiterai vous faire part de plusieurs observations :
1 .
A plusieurs reprises le Conseil général tente d'expliquer que "LA CONSTRUCTION DE LA ROCADE NORD
PERMETTRA DE FAVORISER LE DÉVELOPPEMENT MULTIMODAL. "
Aucun argument développé n'est convainquant ni les études sur cet aspect. Le Conseil général a
commandé une étude à l'AURG. Elle démontre que l'impact sur la circulation automobile positif pour
le centre ville de Grenoble est très limité et uniquement si le tunnel est gratuit.
Par contre, elle démontre que la réalisation de la rocade n'améliore pas, voire dégrade, les conditions
d'accès à l'agglomération grenobloise en créant un appel de trafic sur des portions autoroutières
déjà saturées en entrée de l'agglomération".
Cet argument affirmant que la construction de la Rocade nord était indispensable pour permettre le
développement des transports en commun avait déjà été avancé en 1998 avant les travaux de la
réalisation de la ligne C sur les grands boulevards. La réalisation de cette ligne sans la rocade nord a
démontré qu'il n'était pas justifié.
2.
LA ROCADE NORD : UN PROJET QUI ENGLOUTIRAIT TOUTES LES POSSIBILITÉS FINANCIÈRES QUI POURRAIENT ÊTRE CONSACRÉES AUX INFRASTRUCTURES POUR DE TRÈS NOMBREUSES ANNÉES SANS RÉPONDRE AUX
BESOINS.
Le dossier page 25/29 du volume 1 "Présentation générale du projet" retient un total
"d'appréciation sommaire des dépenses de 667 millions d'euros".
Le dossier est très peu précis sur cet aspect pourtant ô combien important compte tenu des
montants.
Dans ce dossier les travaux sont portés pour 607,5 M€ (Les montants communiqués dans le rapport
présenté et adopté par le Conseil général e l'Isère le 9 novembre 2007 étaient les travaux étaient de
410 M€ valeur 2006 sur un total de 580 M€). Cette augmentation importante n'intègre pas les
aménagements urbains qui étaient de 100 M€ valeur 2006 et qui ne figurent plus dans le tableau du
dossier soumis à enquête. Cette évaluation à 100 M € pour les aménagements urbain a fait déjà
l'objet de beaucoup de discussions et est de manière peu contestable très sous évaluée.
Pour autant les travaux d'aménagements urbains sont indispensables et devront être réalisés et
financés… pour un montant qui n'est pas revu mais qui dépassera probablement de manière
significative les 100 M €. Prenons l'hypothèse qu'ils y aient la même évolution que sur les coûts de
l'ouvrage fonctionnel (410 à 607,5 M€) ils seraient de 149 M€…
Les études dans le dossier s'élèveraient à 12,5 M€. Il est surprenant que les études soient passées de
40M€ valeur 2006 dans le rapport adopté par le conseil général de l'Isère en 2007 à 12,5 dossier
enquête publique 2009.
Ces remarques soulignent les approximations des chiffres avancés dans le dossier d'enquête et un
coût devant être estimé probablement plus proche des 850 M€ soit une augmentation de 183 M€
soit près de 30% par rapport aux chiffres du dossier soumis à l'enquête publique; et de près de 50%
par rapport à l'estimation de 2006 (580 M€) adopté par le Conseil général.
L'exemple de Téo à Lyon tout comme la crise financière actuelle devrait conduire le Conseil général à
un discours prudent concernant les Partenariat Public‐Privé.
3 .
L'ENJEU PRIORITAIRE DOIT ÊTRE LE DÉVELOPPEMENT DES TRANSPORTS EN COMMUN DANS TOUTE
L'AGGLOMÉRATION.
Dans la partie B diagnostic du PDU, il était expliqué que le trafic interne à l'agglomération
représentait 1 568 000 déplacements en 2002 (contre 1 250 000 en 1992) que le trafic "d'échange"
représentait 342 000 déplacements (contre 275 000 en 1992 et que le transit représentait 30 000
déplacements (contre 25 000 en 1992).
Le PDU soulignait donc que "cette structure du trafic montre que les flux de l'agglomération
grenobloise relèvent avant tout d'une problématique interne (à l'agglomération)….".
Pour redonner de la fluidité à l'accès à l'agglomération, il est donc essentiel de développer des
alternatives aux déplacements automobile interne à l'agglomération par un fort développement
d'une offre performante de transports en commun (type tram) dans l'aire de l'agglomération et
favoriser le développement d'un réseau Ter dans la région urbaine, notamment le voironnais et le
Grésivaudan pour permettre d'entrer à l'agglomération. Le Conseil régional en concertation avec la
Communauté d'agglomération de Grenoble et le SMTC doit aménager des gares de rabattement
facilement accessible avec des places de stationnements en nombre suffisante ainsi qu'une offre de
Trains tant en capacité qu'en fréquence suffisante pour constituer une alternative opérationnelle par
rapport à la voiture.
Compte tenu de ces remarques, il ne nous semble pas raisonnable d'engager ce projet et nous
vous invitons à émettre un avis défavorable.
Pour le Comité départemental
Frédéric VERGEZ
1er secrétaire de la fédération de l'Isère du MRC
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