Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 10:33

Position du MRC pour les élections européennes de juin 2009

Adoptée par le bureau national du mercredi 7 janvier 2009.


Depuis plus d’un an, l’économie internationale traverse une crise d’une gravité exceptionnelle. Jamais, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le capitalisme ne s’était trouvé dans une telle situation. Crise du libéralisme sans règles, crise de la globalisation impériale impulsée par les Etats-Unis et qui se répand, telle la métastase d’un cancer, sur la totalité de la planète, précisément parce que l’hypercapitalisme spéculateur qui la caractérise est devenu le modèle dominant.

Face à cette crise, l’Europe a failli. Et ce sont les nations qui ont réagi, ce qui prouve, s’il en était besoin, leur caractère historiquement incontournable.

C’était inévitable, car depuis le Traité de Maastricht, sous la pression des conservateurs et, souvent, avec le consentement des socio-libéraux, elle avait choisi non seulement de se soumettre au libéralisme triomphant mais encore d’en devenir un vecteur d’expansion dans tous les pays européens.

En 2005, Français et Hollandais ont dit non à cette évolution. Les Irlandais n’ont pas tardé à suivre, en rejetant le Traité institutionnel. C’est que partout les citoyens sont conscients que l’Europe est devenue un rouage essentiel de la globalisation financière, qu’elle se pose en garante de l’orthodoxie libérale, et que leur avenir national se joue désormais autant sinon plus que chez eux à la Commission européenne, à la BCE, à Washington et sur les grandes places boursières du monde.

Pour retrouver la confiance des Français, la Gauche, rassemblée, unitaire, doit proposer dés les élections européennes de Juin 2009, un projet alternatif à la politique néolibérale actuelle, depuis peu mâtinée d’interventionnisme repentant.


1) L’Europe dans la crise

La crise actuelle de la globalisation libérale est profonde. Elle ne sera pas résolue par des demi-mesures. Nous devons lutter pour qu’elle ne soit pas payée par le monde du travail mais débouche sur un ordre social plus juste. Cela ne peut se faire sans un retour de la puissance publique, que ce soit pour la maîtrise des instruments du développement économique ou pour la négociation d’un nouvel ordre international.

Or l’Union européenne est impuissante face aux effets dévastateurs de cette crise. Ce n’est pas parce qu’elle n’est pas potentiellement assez forte. C’est parce qu’elle n’a pas d’autre conception de l’avenir que la politique de concurrence qu’elle a transformée en religion dans le Pacte de stabilité. Cette politique a coûté des millions de chômeurs, la montée partout de la précarité, la généralisation des bas salaires, l’instauration de la concurrence entre les territoires et les peuples européens, la remise en cause systématique des services publics (poste, transports ferroviaires, santé, éducation) et leur privatisation.

L’idéologie « européiste », jouant sur une conception soit naïve soit manipulatrice de la solidarité européenne, a contribué à anesthésier tout débat sur l’avenir réel de l’Europe. Résultat : le sentiment pessimiste à l’égard de l’Europe s’est accru, car les peuples, dans la réalité, ne veulent pas échanger des acquis sociaux conquis de haute lutte contre un libéralisme européen porteur de précarité et de misère.

Il faut refonder l’Europe. D’abord en la rapprochant des peuples européens, des Etats nations qui la structurent, des citoyens qui l’animent. Il ne peut y avoir de bonne politique européenne au mépris des peuples, des Etats nations, des citoyens. La nation n’est pas le nationalisme. Au contraire, le nationalisme est une maladie de la nation. Communauté de citoyens, la nation est le cadre naturel de la démocratie. Si nous voulons éviter les funestes dérives nationalistes et xénophobes, nous devons concevoir l’Europe non comme un super Etat technocratique, non démocratique, entièrement dévoué à la seule expansion du libéralisme économique, mais comme un espace citoyen de solidarité, de respect de la diversité des nations, des langues, des cultures, des traditions et du patriotisme des peuples. Car le patriotisme républicain est le contraire du nationalisme. C’est l’expression généreuse du civisme, non le repli identitaire.

Ainsi conçue, la nation civique est le principal lieu d’expression de la volonté démocratique. Elle est, pour nous, synonyme de République. L’Europe ne doit donc pas constituer un espace de souveraineté opposé à celui des nations. L’idée d’une puissance publique européenne ne peut être que le résultat des délégations que lui confèrent les nations qui la constituent. Pour nous, ces délégations de compétences au niveau européen, lorsqu’elles s’avèrent indispensables, ne signifient pas une victoire contre les nations, et encore moins « l’abandon » de la souveraineté nationale. Elles incarnent plutôt la conciliation harmonieuse de la nation et de l’Europe. Et elles ne sont acceptables que si elles sont ratifiées ou vérifiées par référendum. Car les peuples souverains doivent toujours avoir le dernier mot. Cette conception débouche naturellement sur une Europe à géométrie variable, en fonction de ce que veulent ou ne veulent pas les nations. Elle n’exclut donc nullement les délégations de compétences à condition que celles-ci soient gérées ensemble de manière démocratique. Nous considérons en ce sens que l’adoption du Traité institutionnel par voie non référendaire est une atteinte grave aux droits des citoyens, et que la question institutionnelle se reposera inévitablement en raison des menaces et des contradictions dont le Traité de Lisbonne est porteur.

C’est pourquoi nous devons ouvrir le débat, en dehors de tout dogmatisme, sur ce que doit être l’avenir de l’Europe. Celui-ci ne saurait se concevoir en dehors d’une prise de conscience de la nature de la globalisation économique et financière et de sa crise actuelle. Aujourd’hui, nous vivons la fin d’un cycle historique, celui de la globalisation néolibérale impulsée, depuis bientôt trente ans, par les forces conjuguées des multinationales, du « thatchérisme » et du « reaganisme ». L’Europe libérale s’y est insérée aux prix de sacrifices énormes infligés aux couches populaires.

La crise actuelle doit être pour nous l’occasion de sortir de ce piège et de refonder une Europe Nouvelle. Pour cela, nous avons besoin d’une mondialisation régulée, d’une Europe sociale qui protège, d’une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire.


2)Pour une régulation mondiale

La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence de l’énorme bulle financière provoquée aux Etats Unis par le capitalisme spéculatif dans les subprimes. Elle touche aujourd’hui toute l’économie et, de récession en récession, débouche sur une dépression mondiale aux conséquences catastrophiques. Cette crise résulte du fait que depuis des décennies, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en captant l’épargne mondiale pour financer leur économie à hauteur de 80%. C’est cette dépendance qui a poussé les Etats-Unis à une fuite en avant pour contrôler les ressources pétrolières et gazières mondiales. C’est cela aussi qui explique l’importance de leur budget militaire, entièrement financé par les emprunts étrangers et qui recouvre à lui seul plus de la moitié des budgets de la défense dans le monde. D’où aussi leurs dérives expéditionnaires en Irak et en Afghanistan, où ils sont aujourd’hui enlisés.

Cette période semble toucher à sa fin. Mais le destin du monde reste lié à l’Amérique.
Les Etats-Unis ne peuvent rétablir seuls leurs équilibres. L’aide du reste du monde est indispensable, si l’on veut éviter une récession planétaire et une déflation salariale mondiale. Cette aide doit se traduire par une relance coordonnée des principales économies mondiales, surtout celles des pays excédentaires dans leur épargne comme dans leur commerce (Chine, Allemagne, Japon, Pétromonarchies du Golfe). D’où la nécessité d’organiser un véritable « New Deal » mondial. Pour être durable, cette relance implique aussi des Institutions mondiales qui fonctionnent au service d’un développement économique, financier et social humain soucieux de l’environnement.

Sur les Institutions internationales, nous devons lutter pour:

  • Démocratiser le FMI, qui doit redevenir un organe de soutien aux pays en difficulté et de contrôle du système monétaire international, notamment en oeuvrant à une parité ordonnée des grandes monnaies ; il doit également revoir sa politique de gestion de la dette et proclamer un moratoire pour celles des pays les plus pauvres. L’utilisation à large échelle, dans le contexte actuel de crise mondiale, des Droits de tirage spéciaux (DTS) doit être encouragée. Nous devons rechercher la modification des quotes-parts au sein du FMI, pour faire place aux pays émergents et mettre fin à une situation où, profitant de leur minorité de blocage, les Etats-Unis orientent selon leurs seuls intérêts la politique de cette institution.
  • Refonder les activités de la Banque mondiale, la décentraliser, en faire, non un organisme caritatif inefficace comme elle l’est devenue, mais une véritable organisation d’aide au développement économique dont le but est de favoriser la participation citoyenne des peuples et la formation d’Etats démocratiques de droit.
  • Réformer l’OMC afin qu’elle ne soit plus le cénacle du seul libre-échangisme mondialisé et pour qu’elle devienne effectivement ce qu’elle aurait dû être dés sa création : un lieu de règlementation de l’activité commerciale pour une concurrence loyale, notamment en introduisant une clause sociale et environnementale dans les échanges. En Europe, il est désormais clair, étant donné le mouvement accéléré des délocalisations vers les pays à bas coûts, qu’il faut revenir à la préférence communautaire, donc proposer un retour, pour certains secteurs, et dans le cadre d’une conception équilibrée des échanges, au tarif extérieur commun. Il faut une Europe de la protection du modèle social européen.

    Agir sur ces institutions internationales, c’est nous donner les moyens de créer un nouveau modèle de développement.


    3)Pour une Europe sociale qui protège

    Il nous faut d’abord une Europe qui protège. Cela signifie que nous devons lutter pour la réglementation du marché afin d’éviter que des formes de concurrence inégales détruisent les acquis sociaux. Pour mener à bien cette tâche, on pourrait proposer la création d’un « Organisme de réglementation de la concurrence » indépendant de la Commission. Il concernerait aussi bien la concurrence extra-zone européenne qu’intra-zone afin d’éviter le dumping social et fiscal.

    On pourrait, pour harmoniser les politiques sociales, adopter le principe qu’aucune directive du marché intérieur ne remette en cause, par le bas, les droits existants dans un Etat membre.

    Face à la crise financière et économique mondiale, nous voulons que l’Europe agisse en recherchant une stratégie de relance ambitieuse et coordonnée. Celle-ci implique la préservation de pouvoir d’achat, et la lutte contre l’augmentation du chômage. Pour y parvenir l’Europe doit mettre en oeuvre de Grands Projets dans le domaine des infrastructures européennes, de la recherche, de la synergie des Universités, des industries de défense et dans l’aérospatiale. Pour financer ces activités, on pourrait lancer un Emprunt Garanti par l’ensemble des Etats-membres. Cela donnerait au projet européen une identité autrement plus exaltante que celle que lui dessine le visage hostile du marché livré à lui-même.

    Nous devons défendre l’Europe en favorisant la constitution, en dehors de tout monopole, de « groupes industriels européens » compétitifs à l’échelle mondiale, protéger les sous-traitants et encadrer les OPA. Cela signifie aussi que nous devons encadrer les marchés financiers en renforçant les pouvoirs de l’Autorité des marchés, notamment contre les raids boursiers.

    Cette politique de relance doit se faire avec l’aide indispensable de l’Allemagne. Le monde du travail en Allemagne y gagnerait tout autant que le reste des Européens. C’est pourquoi nous devons faire comprendre clairement à nos camarades allemands que la stratégie qui privilégie les excédents extérieurs et les réserves de change au détriment d’une relance européenne, est en contradiction avec l’intérêt général européen.

    Il faut en premier lieu définir une stratégie vis-à-vis de la Banque Centrale Européenne, aujourd’hui gardienne de l’orthodoxie ultralibérale, et qui pratique une politique de l’autruche très cher payée par les peuples. Alors que nous aurions besoin de taux très bas, la BCE refuse de donner aux peuples européens les moyens d’une véritable politique de relance. Il est urgent de s’interroger sur les missions de cette Banque. Il faut prioritairement :
  • Introduire dans les statuts de cette institution l’objectif de l’emploi et de la croissance, afin de mettre l’euro au service des européens et non, comme c’est le cas actuellement, au service du capitalisme financier.
  • Avancer vers la création d’un Gouvernement économique de la zone euro. L’Eurogroupe pourrait jouer ici un rôle clé. Le débat ne devrait éviter aucun problème et s’attaquer prioritairement à la question de la politique de change au niveau européen. Il deviendrait alors possible de poser la question de l’augmentation des moyens budgétaires européens pour mettre en place une véritable politique de projets européens.

    Ce serait la seule manière d’affronter enfin sérieusement la question de l’harmonisation fiscale européenne, afin de lutter contre le dumping social intra-européen. Ce serait aussi la meilleure manière de chasser définitivement les menaces du style de la circulaire Bolkenstein.

    Le gouvernement de la zone euro pourrait aider à la mise en place de coopérations renforcées pour favoriser les synergies de ceux qui veulent aller plus loin et plus vite dans la mise en œuvre de politiques communes.

    Une Europe à géométrie variable, fonctionnant en cercles concentriques complémentaires, serait un moyen à la fois indispensable et d’une très grande efficacité dans les domaines de la politique industrielle, de la recherche, de l’innovation, de la défense, du droit social et de l’harmonisation fiscale, pour la mise en œuvre de politiques coopératives fortes et répondant aux besoins des peuples. Cette avant-garde doit être ouverte à tous ceux qui voudront se donner les moyens d’en faire partie sans que la création des coopérations renforcées soit étroitement corsetée (comme le prévoit aujourd’hui le Traité de Lisbonne).

    Il est urgent, pour ce qui concerne la Commission de Bruxelles, de commencer par modifier les règles du Pacte de stabilité, tant en vue d’une plus grande flexibilité des déficits que pour les dépenses centrées sur la recherche et l’innovation.

    Ce pacte doit devenir avant tout un pacte pour l’emploi et la croissance. Au demeurant une action solidaire en faveur de la hausse du pouvoir d’achat, d’un SMIC européen, n’a de chance de réussir et d’être pérenne que si elle s’inscrit dans la perspective d’un pacte européen de croissance. La concurrence doit cesser d’être le maître mot de la politique européenne. La Commission doit être placée sous le strict contrôle politique du Conseil.

    Nous devons proposer la création d’un Traité social fixant des critères de convergence progressifs, notamment en matière fiscale et sociale.

    Nous devons défendre l’idée, contre le néolibéralisme, de la reconstruction d’une préférence européenne par une réglementation « antidumping social » aux frontières de l’Union. C’est le seul moyen de sauver les industries nationales et d’aider à leur modernisation compétitive. Nous devons appliquer une politique tarifaire modulée pour les produits dont l’importation massive casse les appareils industriels européens. Cela implique d’assumer, quand il le faut, un protectionnisme au service de l’emploi et des droits sociaux.

    L’Europe est un continent très dépendant sur le plan énergétique. Il nous faut une véritable stratégie, de long terme, dans ce domaine. Le développement nécessaire des énergies nouvelles et renouvelables doit s’articuler intelligemment avec l’exploitation de toutes les formes d’énergie existantes (charbon propre– gaz– nucléaire). Face à la volatilité des prix du pétrole, il nous faut entreprendre une grande concertation pour promouvoir l’avenir du nucléaire de quatrième génération et préparer l’indépendance énergétique du continent.

    Dans le même temps, il nous faut une véritable politique européenne de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique. Après que le Parlement européen a voté pour les objectifs de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, il faut avancer vers des politiques communes de développement des énergies renouvelables, d’économie d’énergie et d’instauration d’une fiscalité environnementale non pénalisante pour l’emploi ni porteuse de désindustrialisation.

    L’Europe ne sera un projet fort, accepté par les peuples, que si elle correspond à l’intérêt général européen. Or la question des services publics est ici décisive. Il n’est pas de l’intention de notre pays d’imposer aux autres sa conception des services publics. Mais il ne peut être question de nous soumettre à la politique de privatisation des services publics, désormais frontale, que la Commission veut imposer partout en Europe avec la complicité des gouvernements conservateurs et parfois sociaux- libéraux.

    La défense des services publics, et plus largement, d’un espace non marchand regroupant tous les biens communs que sont l’éducation, la santé, les retraites, etc. est une question d’identité sur laquelle la gauche française devrait construire un puissant front de résistance à l’occasion de ces élections européennes. Car un service public de qualité, fondé sur l’égalité d’accès des citoyens aux services de base, devrait être un axe central de la construction européenne. Et la bataille pour une directive européenne « service public » de qualité doit devenir un axe rassembleur entre toutes les forces progressistes européennes, qui refusent de livrer la société au marché. Un Front progressiste européen pourrait porter haut et fort cette revendication, dés lors que le cadre commun poserait d’abord la protection des niveaux les plus développés de service public comme un principe intangible tout en fixant un minimum au-dessous duquel les Etats ne devraient pas descendre.

    Dans le domaine agricole, il faut défendre le principe de la préférence communautaire, ainsi que celui de prix rémunérateurs fondés sur la qualité. La PAC est la seule politique qui a échappé au libéralisme triomphant depuis l’Acte Unique et le Traité de Maastricht : il faut la défendre parce qu’elle représente aujourd’hui la souveraineté alimentaire et une agriculture paysanne de qualité.


    4)Pour une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire

    La question de l’indépendance de l’Europe est cruciale. Aujourd’hui, l’OTAN est une courroie de transmission de la stratégie d’hégémonie de l’administration américaine. La grande majorité des pays de l’Union consent à cette situation. Mais nous avons le droit de la refuser, car la solidarité européenne ne signifie pas pour nous la vassalisation. Nous ne pouvons accepter que l’OTAN intervienne en Asie ou au Moyen-Orient au service de stratégies de domination. Nous respectons les obligations qui résultent du traité de l’Atlantique Nord, mais nous soutenons que l’Europe doit se doter, à terme, d’une défense indépendante.

    L’Europe doit être européenne. C’est la condition pour qu’elle puisse être un acteur stratégique dans la formation d’un monde multipolaire. La question du rapport à l’Amérique ne peut être résolue par une formule à l’emporte-pièce. L’Europe doit d’autant plus se poser sérieusement cette question que nous vivons la fin d’une époque tant dans le domaine économique que politico-stratégique.

    Tout tient à deux conditions essentielles : premièrement, nous l’avons déjà souligné, que les Etats-Unis favorisent une relance économique coordonnée tant avec l’Europe, le Japon, les pétromonarchies qu’avec les puissances émergentes que sont la Chine, l’Inde et le Brésil ; qu’ils acceptent la modification des règles au sein du FMI et à l’OMC; qu’ils admettent enfin la nécessité de mécanismes pour contrôler les marchés financiers.

    Deuxièmement, que les Etats-Unis, loin des tentations occidentalo-centristes dont rêvent les idéologues néoconservateurs, participent effectivement à un ordre multipolaire fondé sur le respect du droit international, l’indépendance des peuples et le respect des souverainetés nationales. Cela signifie un changement radical de leur stratégie. C’est dans leur intérêt bien compris autant que dans celui du monde. L’Europe ne gagnerait rien à suivre une Amérique dominatrice. Une Europe européenne, politiquement autonome, agissant par et pour elle-même, y compris par rapport aux Etats-Unis, est la meilleure façon d’enraciner un ordre mondial multipolaire.

    Cela implique une politique étrangère qui refuse tout alignement sur la politique de Washington, notamment en Afghanistan, en Irak et au Pakistan. Dans cette région du monde, l’Europe doit proposer non la guerre à outrance mais l’aide au développement et la construction d’Etats nationaux légitimes. La gauche française doit clairement demander le retrait des troupes engagées pour des missions autres que la paix.

    Au Proche et Moyen-Orient, l’intérêt européen, c’est une paix qui reconnaisse à chaque peuple ses droits. Il ne saurait y avoir un droit à plusieurs vitesses. Et il n’y aura pas de paix sans justice. Il faut affirmer le droit à la sécurité de tous : sécurité d’Israël, celle du peuple palestinien, qui a le droit à un Etat viable doté de continuité territoriale, le droit au développement technologique de l’Iran, dés lors que cela se produit dans le respect des clauses du traité de non prolifération nucléaire et des contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’Europe, en devenant acteur stratégique, peut et doit avoir un rôle beaucoup plus important au Moyen Orient. Contre la politique des deux poids deux mesures, elle doit, quand c’est nécessaire, utiliser la clause du « partenariat privilégié » pour faire respecter le droit international et faire avancer le processus de paix.

    Facteur de paix dans le monde, l’Europe doit s’engager dans la recherche d’un grand partenariat stratégique avec la Russie. Ce n’est pas seulement la question des approvisionnements énergétiques qui est en jeu, bien qu’elle soit cruciale pour l’Europe. C’est la question de la paix et de la démocratie qui est aussi en cause : une Russie étroitement liée économiquement et culturellement à l’Europe, est une chance pour le développement de la démocratie dans ce pays. La gauche européenne doit parier sur l’avenir d’un espace de coprospérité entre l’Europe et la Russie.

    Nous devons lutter pour une grande politique européenne avec le Sud et l’Afrique. Les plus grands défis économiques et humains sont là.

    L’Europe ne peut tourner le dos à ses voisins méditerranéens sous prétexte qu’elle est engagée dans la consolidation de son action à l’Est. Nous avons besoin d’une Politique Méditerranéenne, élaborée conjointement avec tous les partenaires de la rive sud. La ligne stratégique ne doit pas être centrée seulement sur les crainte de l’Europe (environnement, contrôle de la circulation des personnes, sécurité, etc.), elle doit être tout autant axée sur le codéveloppement avec ces pays, gage d’une communauté originale avec l’ensemble européen, qui dépasserait les impasses de l’élargissement et la stratégie à courte vue de la simple association commerciale.

    Avec l’Afrique, nous devons réadapter les Accords de Cotonou et abandonner l’idée que c’est le libéralisme qui résoudra les problèmes du développement. Cela a plutôt conduit à la désagrégation des sociétés, aux immigrations massives, aux guerres tribales. Contre la logique libérale qui prévaut à Bruxelles, nous devons défendre l’idée de l’ouverture du marché européen en franchise de douane aux produits fabriqués en Afrique, relancer l’aide publique au développement des infrastructures (pour la santé, pour l’eau, pour les transports, pour l’éducation, etc.). Nous devons aussi nous engager pour des remises de dettes à ces pays, réinvesties dans leur développement.

    Sur la question cruciale des migrations, nous devons à la fois affirmer la nécessité de contrôler les flux en Europe et de favoriser l’intégration des immigrés sur la base du respect des droits et des devoirs dans les pays d’accueil. Nous voulons également, dans une perspective de solidarité active, aider à la formation des cadres et, à l’opposé de l’« immigration choisie », politique égoïste et cynique de pillage des élites techniques et scientifiques des pays en développement, mettre en place une véritable stratégie de codéveloppement lié aux flux migratoires, impliquant des migrations de travail organisées qui profitent tant aux pays d’origine qu’à l’Europe.

    Tel est le monde que nous voulons. Telle est l’Europe dont nous avons besoin.

    Le MRC avance ces propositions dans un esprit de clarté. Nous souhaitons un débat avec tous nos partenaires de gauche. Nous sommes convaincus que la question de la construction d’une Europe Nouvelle est décisive pour la reconstruction d’une gauche républicaine, démocratique et capable d’offrir une alternative au néolibéralisme. Et nous sommes ouverts, car notre objectif, c’est de faire des élections européennes une grande victoire de la gauche française tout entière.
Par Eléonore Perrier - Publié dans : Elections
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 10:28

Intervention de Jean-Pierre Chevènement lors du débat sur la situation au Proche-Orient, le 14 janvier 2009 au Sénat.


Gaza : l'exigence d'une parole juste et libre
Le sens de l'urgence que vous appliquez à une trêve des combats à Gaza est sans doute bienvenu, mais il risque d'occulter les responsabilités de longue durée à l'origine du conflit. La lucidité dont vous vous prévalez est, en ce sens, à courte vue. Le Hamas, dont les positions sont ce qu'elles sont et qu'il n'est pas besoin de partager, a tout de même gagné les élections de 2006 au Conseil législatif palestinien, élections démocratiques et internationalement contrôlées. Il n'a pas été tenu compte du verdict des urnes, même pour tenter de responsabiliser le Hamas. Récusé par Israël et la communauté internationale, il n'est pas considéré autrement que comme une organisation terroriste. Les experts considèrent pourtant que ses positions peuvent évoluer et n'ont pas le caractère caricatural que leur attribue la presse. Le programme électoral et les déclarations politiques de M. Haniyeh, qui fut un temps Premier ministre, en témoignent. Vous-même ne voulez pas de contact direct avec le Hamas, sinon par le canal d'autres États. Ce n'est pas courageux. On ne peut attendre que l'adversaire se conforme à vos vues pour négocier. Vous appliquez, en somme, le boycott voulu par Israël et les États-Unis.

Mais l'absence de contact n'est pas seule en cause. La victoire du Hamas n'est pas arrivée comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Elle est le fruit d'un long pourrissement. La conférence de Madrid, en 1992, a soustrait le problème israélo-palestinien à la compétence de l'ONU. Le processus d'Oslo, de même. Il n'a plus été question, depuis seize ans, d'aucune conférence internationale sous l'égide du Conseil de sécurité.

Le processus d'Oslo a été conçu comme un processus progressif, étiré sur de longues années et plus encore au fil du temps, après l'assassinat d'Itzhak Rabin puis la victoire de M. Netanyahu, en 1996, suivis par la médiation trop tardive, en fin de mandat, du président Clinton, entre l'été 2000 et le début de 2001.
Après l'éclatement de la deuxième Intifada, le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a été diabolisé. Son successeur, Mahmoud Abbas, pourtant animé d'intentions pacifiques, a été décrédibilisé par la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie, où les implantations ont été multipliées par trois ou quatre depuis les accords d'Oslo. La conférence d'Annapolis a été un échec, la mission du Quartet une farce.

Amir Farshad Ebrahimi, flickr, licence cc

Tout s'est passé comme si manquait la volonté d'appliquer les accords dans l'esprit de la résolution de l'ONU, qui prévoit la création d'un État palestinien viable. Je ne dis pas que certains n'étaient pas sincères, mais tous ne l'étaient pas.

Naturellement, l'envoi de missiles, même rustiques, sur Israël, constitue une agression susceptible de frapper des innocents et une violation du droit international. Mais le blocus de Gaza, comme le refus d'Israël d'appliquer l'accord de cessez-le-feu, est parfaitement illégal. Et que dire de l'offensive lancée sur un million et demi de réfugiés regroupés sur 362 kilomètres carrés, pas plus de la moitié du territoire de Belfort ? Elle a fait plus de 1 000 morts et pas moins de 4 000 blessés.

Le Président de la République a bien fait, dans l'immédiat, de rechercher une trêve par le canal de l'Égypte pour sécuriser la frontière. Mais la France doit voir plus loin et garder sa parole libre et franche pour créer les conditions d'une réconciliation entre les Palestiniens, préalable à une négociation loyale visant à créer un État palestinien viable.

Il appartient à la France d'exercer son influence pour amener le président Obama à inverser l'ordre des priorités qu'il a énoncées pour le Proche et le Moyen-Orient et qu'il mette en tête de son ordre du jour l'enclenchement d'une négociation palestino-israélienne plutôt que le renforcement des troupes de l'Otan en Afghanistan. Le problème de Gaza est, comme l'a dit le Président de la République, un problème mondial. Il faut faire tomber la pression dans l'ensemble du monde arabo-musulman. C'est ainsi qu'on asséchera le terreau du terrorisme et qu'on créera les conditions d'une normalisation avec l'Iran, d'un retrait pacifique des troupes américaines d'Irak et d'une solution politique du problème afghan.

Le problème palestino-israélien est devenu « la matrice des relations internationales », selon l'expression de Dominique Moïsi. Il faut le comprendre avant qu'il ne soit trop tard. La négociation avec l'ensemble des parties, c'est l'intérêt de tous les peuples, y compris d'Israël dont la sécurité à long terme est commandée par la normalisation de ses relations avec ses voisins. C'est l'intérêt de la paix et c'est l'intérêt de la France dont le projet d'Union pour la Méditerranée ne peut réussir qu'à cette condition.
Ce que nous attendons du gouvernement français ? Moins de faux-fuyants, moins d'expressions biaisées, une parole plus franche, une parole de justice. Vous avez déclaré la semaine dernière : « Le Hamas représente quelque chose dans le peuple palestinien. Il est donc indispensable que certains aient des contacts avec eux » Pourquoi pas nous ?

La liberté de parole et d'action de la France sera le plus sûr moyen de faire reculer la tentation d'importer sur notre sol le conflit du Proche-Orient et les haines fanatiques qu'il suscite. La République est une exigence dans l'ordre intérieur, mais aussi dans l'ordre extérieur. C'est l'exigence d'une parole juste et libre !
Par Eléonore Perrier - Publié dans : Nos propositions
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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 11:51
Le MRC propose d’en débattre lors d’une réunion publique ouverte à tous, avec les thèmes et invités suivants : 

-          La reprise en main par l’Etat de la banque et de la finance : par Jacques SAPIR, directeur d’études à l’EHESS (dernier ouvrage paru : « Le nouveau XXIe siècle », Seuil 2008)           

-         
L’incontournable réorientation de la gauche en Europe : par Ernst HILLEBRAND, directeur du bureau parisien de la Fondation Friedrich Ebert (voir ses articles dans Le Débat, la Revue socialiste, etc.)

-         
Sortir du libre-échange : par Jean-Luc GREAU, économiste (dernier ouvrage paru : « La trahison des économistes », Le Débat-Gallimard 2008)

-         
La France dans le monde qui vient : par Jean-Pierre CHEVENEMENT, président du MRC, sénateur du Territoire de Belfort


Cette réunion publique se tiendra                       
Jeudi 4 décembre entre 18h30 et 21h
Salle Paul Delouvrier Conseil Régional d’Ile de France
35 Bld des Invalides – 75007 Paris
Métro : Saint-François-Xavier

Par Eléonore Perrier - Publié dans : Nos propositions
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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 23:22

Météo France, comme hélas de nombreux services publics, est soumis a des vents "libéraux" de plus en plus forts. Depuis quelques décennies des tempêtes ont déjà conduit à la modification du service public en Etablissement public et à la création de filiales partagées avec des intérêts privés pour les activités les plus marchandes.

Aujourd'hui un avis de tempête "Sarkoziste"  remettant en  cause le maillage territorial  indispensable  pour des observations fiables et des prévisions précises est clairement planifié. Ainsi c'est un maillon précieux pour la sécurité des personnes et des biens, et notamment en situation de crise,  que le gouvernement  scie. Pour répondre à la pression des critères de convergences du traité de Maastricht, le gouvernement du Président Sarkozy a décrété le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans le secteur public. Dans la même logique il  raye de la carte plus d'un centre départemental sur deux, mettant à mal la capacité d’expertise locale fine de Météo-France..

Face à ces mauvaises décisions dictées par le dogme de la libéralisation des services et leur  mise en concurrence, les agents, techniciens et ingénieurs  organisent  un mouvement d'alerte et de protestations. Aussi, au nom du comité de l'Isère du « Mouvement Républicain et Citoyen », nous (Frédéric Vergez, Claude Sergent) avons rencontré des responsables syndicaux de METEO France ce mercredi 29 octobre 2008, après midi. Durant un échange approfondi ils ont pu nous présenter leurs activités et les projets de réduction des effectifs et de démantèlement de METEO France qu'a planifiés le gouvernement avec les conséquences sur leur travail et la qualité de service.

Nous avons réaffirmé que nous pensions qu'un service public est le mieux à même d'assurer un  service d'observation et de prévision de qualité au service de l'intérêt général, de la sécurité et de l'organisation de notre pays et que nous soutenions leur mobilisation.

 

J'adresserai un courrier à Jean Pierre Chevènement pour attirer son attention sur l'importance du mouvement engagé par les agents de Météo France et les conséquences de la casse de ce service public.

Frédéric Vergez

 

 

Par Eléonore Perrier - Publié dans : La vie municipale en Isère
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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /Oct /2008 16:22

Un appel de 21 organisations. A signer les yeux fermés pour les garder ouverts à l'avenir ...

Notre pays a cette chance extraordinaire de disposer d’un grand service public laïque d’Education. Il traduit notre choix républicain d’une société où tous les citoyens vivent ensemble. Mais imagine-t-on ce que deviendrait ce principe, sans ce tour de force de l’accueil de tous les jeunes, sans distinction, réalisé quotidiennement par notre École ?

Cette Ecole publique, que nous aimons pour ses réussites incontestables, rencontre aussi des difficultés. C’est pourquoi nous souhaitons passionnément qu’elle évolue et se transforme pour s’acquitter vraiment de sa mission démocratique : faire réussir tous les jeunes, pas seulement les plus favorisés ou les plus « méritants ».

Pour nous, ce débat et cet effort concernent tous les citoyens car, à travers l’avenir de la jeunesse, c’est celui du pays qui se joue.

Or, en lieu et place de ce que devrait nécessiter cette grande cause nationale, rassemblant largement les citoyens, à quoi assistons-nous ? Au spectacle d’une politique gouvernementale qui, au-delà des habillages, ne voit dans l’Education qu’un moyen d’économiser. Plus que tout discours, la préparation du budget 2009 en est la démonstration : 13500 suppressions d’emplois programmées, soit, dans le cadre triennal dans lequel ce budget s’inscrit, plus de 40 000 postes promis à disparition sur les 3 ans, à rajouter aux 11 200 suppressions de cette année !

Tout n’est sans doute pas question que de postes en matière éducative, mais nous affirmons que rien ne pourra se faire dans cet acharnement d’un « toujours moins de postes » ! Rien ne pourra davantage se faire avec des réformes à marche forcée encore moins lorsqu’elles aboutissent à de vraies régressions. Rien ne pourra se faire non plus si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions, déléguant hors de l’école ce qu’elle doit assurer pour tous.

Aussi, nous poussons aujourd’hui un cri d’alerte : cette politique va détériorer sur le long terme le service public d’Education. Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les injustices et les inégalités.

De ce projet, nous ne voulons pas ! Nous voulons une politique éducative ambitieuse faisant avancer notre Ecole publique en mettant au cœur la réussite de tous les jeunes. Nous voulons pour cela d’autres choix.
Nous en appelons à toutes celles et tous ceux qui pensent que l’Education est une richesse pour notre pays, que l’avenir se joue aujourd’hui, à toutes celles et tous ceux qui refusent que la politique suivie n’entraîne, pour de nombreuses années, le service public d’Education dans l’affaiblissement. Quelle place veut-on donner à l’Education dans notre pays ? Quel citoyen, quelle citoyenne, veut-on préparer ? Nous n’acceptons pas que la société découvre a posteriori qu’on aurait répondu à sa place, en catimini, à ces questions fondamentales !

Alors, mobilisons-nous ensemble, débattons, parlons, proposons, interpellons l’opinion, agissons sans attendre !

Rassemblons-nous tous dans une grande manifestation nationale le dimanche 19 octobre à Paris.

Signez cet appel sur : http://www.uneecole-votreavenir.org/


Les organisations à l’initiative de cet appel :
AFL - Cé - CEMEA - CRAP-Cahiers pédagogiques - FAEN - FCPE - FEP-CFDT - FERC-CGT - FGPEP - FIDL - Les FRANCAS - FSU - GFEN - ICEM-pédagogie Freinet - JPA - La Ligue de l’Enseignement - SGEN-CFDT - SUD Education - UNEF - UNL - UNSA Education


Les organisations qui soutiennent cet appel :
AEAT - AFPEN - AGEEM - AMUF - ANATEEP - APBG - APSES - APKHKSES - ATTAC France - CFDT - CGT - CNAJEP - CNAL - EEDF - FFMJC - FNAME - Bureau national FNAREN - FNDDEN - FNFR - FOEVEN - LDH - MRAP - PRISME - UDPPC - UFAL - UNSA

Par Eléonore Perrier - Publié dans : Nos propositions
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 16:42

Le Comité Rhne Alpes de l'association Sauvons le climat propose un cycle de 4 conférences-débats indépendantes sur les "Enjeux énergétiques et enjeux environnementaux".

Cette initiative s'inscrit dans le cadre des forums "Scines et démocratie" mise en place par la Communauté d'Agglomération Grenobloise (la METRO) et est soutenue par les Villes de Grenoble et de Vizille.

Quelles énergies pour les transports?
Jeudi 2 octobre à 20h00

Le chauffage : confort énergie et environnement
Jeudi 9 octobre à 20h30

L'électricité dans la politique énergétique
Jeudi 16 octobre à 20h

Politiques publiques et enjeux énergétiques
Jeudi 30 octobre à 20h

Pour de plus amples informations: http://www.sauvonsleclimat.org



Par Eléonore Perrier - Publié dans : La vie municipale en Isère
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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /Sep /2008 19:51

« A l'heure même où j'écris, et où je commente ces grandes pensées de la bourgeoisie révolution­naire, les mots décisifs de la société humaine issue de la Révolution, les mots de justice, de liberté, ont des sens de classe : par la liberté, le capitalisme entend la force d'expansion illimitée du capital ; le prolétariat entend l'abolition du capitalisme. Pour les uns, le mot justice contient le dividende, et, pour les autres, il l'exclut »

Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française, Tome 2, page 496, Editions sociales, 1970


Au cours des années 60, sous la pression des Etats-Unis, le commerce international a été progressivement libéralisé dans le cadre du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). Le Kennedy Round (1964-1967) sera suivi du Tokyo Round (1973-1979) de  l’Uruguay Round dont la conclusion à Marrakech, en 1995, donnera naissance à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

 

En1973, après plusieurs soubresauts,  le système monétaire international, mis en place en 1944 sur la base des accords de Bretton Woods,  est mis en pièces. Le monde entre dans un système de change flexible, les monnaies flottent les unes par rapport aux autres.

A partir de juin 1984 sous l’impulsion du gouvernement la France a procédé à la déréglementation financière, le marché des capitaux a progressivement été libéralisé jusqu’à son aboutissement en 1987 avec la ratification de l’acte unique européen qui a institué la libre circulation des capitaux.

Ces mesures de déréglementation ont eu pour objet, et en tous cas pour conséquence, de nous soumettre à la concurrence instaurée comme règle essentielle de fonctionnement de l’économie mondiale.

Si la concurrence peut avoir, y compris en économie, diverses significations, il s’agit ici de la concurrence au sens ou l’entendent les néo-classiques et telle que la conçoivent les multinationales et les institutions du capitalisme financier qui dominent de plus en plus l’économie mondiale. C’est la fameuse « concurrence libre et non faussée » dans « une économie de marché ouverte » qui figurait déjà dans le traité de Maastricht, dans le projet de traité constitutionnel refusé par les Français et que l’on retrouve maintenant dans le traité dit simplifié.

Pourtant ce marché de concurrence pure et parfaite qui est censé nous faire vivre dans un monde idyllique n’est absolument pas réaliste. Rappelons quelques conditions nécessaires au fonctionnement de ce marché pour ceux d’entre nous qui ne les auraient pas en tête :

-          Le prix déterminé par le marché doit être indépendant de l’action de chaque acheteur et de chaque vendeur ;

-          La liberté des acheteurs et des vendeurs doit être totale, aussi ni un Etat ni aucun groupement ne doivent intervenir par un règlement ou une entente quelconque ;

-          Ce marché doit être transparent, c'est-à-dire que chaque participant doit être parfaitement informé des quantités offertes et demandées et du prix auxquels ces quantités sont offertes ou demandées ;

-          Les produits doivent être homogènes, c'est-à-dire que les produits livrés par les vendeurs doivent être considérés comme identique par les acheteurs ;

-          La mobilité des produits et des facteurs de production doit être parfaite.

Prétendre que ce marché doit jouer un rôle central dans l’organisation économique parce qu’il a automatiquement un rôle positif relève de l’affabulation. Les économistes qui nous tiennent ce discours ne sont pas des scientifiques mais des idéologues voire des doctrinaires de la religion libérale. Et les politiques, comme les technocrates de Paris de Bruxelles et des organisations internationales qui nous imposent ce mode d’organisation ne servent pas l’intérêt des peuples mais celui du capitalisme financier qui profite de la loi du plus fort.

Car cette globalisation financière a un coût pour les peuples du monde entier. Elle est la source d’une faible croissance et de chômage dans de nombreux pays, elle provoque des délocalisations, elle creuse les inégalités entre pays riches et pays pauvres mais aussi entre pauvres et riches dans chaque pays. « Au regard des disparités considérables des sa­laires réels des différents pays, la politique libre-échangiste mondialiste, aggravée par le système des taux de change flottants et la déréglementation totale des mouvements de capitaux, n'a fait qu'engendrer destruction des emplois, réduction de la croissance, désordres, instabilité, et misères de toutes sortes. » [1]

Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie, plutôt libéral d’ailleurs, a montré chiffres et tableaux à l’appui qu’à partir de 1974 notre croissance a été divisée par un peu plus de 2 et que ce phénomène est parfaitement corrélé avec la montée du chômage. Ainsi le Chômage, au sens du BIT, qui était de 630 000 en 1974 est monté à 3 192 000 en 1997 chiffre qui aurait été bien supérieur sans la politique de l’emploi. Par contre le sous emploi total, qui était au niveau du chômage selon le BIT en 1974,  est monté à 6 050 000. Depuis 1974, les pertes d’emploi ont principalement concerné l’industrie et massivement.

 

Le libre échange s’appuie sur la théorie des coûts comparés de Ricardo (1817). C’est un modèle qui repose sur l’hypothèse que les fonctions de production reste invariable au cours du temps. En fait, il ne peut en être ainsi que pour les ressources naturelles. Dans le domaine industriel aucun avantage comparatif n’est permanent (technologies, compétence de la main d’œuvre, niveau des salaires, infrastructures, énergie, etc..). La disparition de certaines activités dans un pays développé en raison des avantages comparatifs d’une époque pourra se révéler dramatique lorsque plus tard ces avantages disparaîtront et qu’il faudra reconstituer ces activités (recherches abandonnées, perte de savoir faire, coût d’investissement, etc.)

La doctrine libre échangiste prétend que le fonctionnement libre et automatique des marchés conduit à « l’allocation efficace des ressources »[2] et à une situation optimale pour tous les pays et tous les groupes sociaux. C’est une pure fumisterie et pourtant cette croyance inspire des politiques qui impliquent qu’une part toujours plus grande des activités humaines passe sous le contrôle du marché ce qui entraîne la marchandisation d’un nombre de biens et services toujours croissant et le démantèlement des services publics.

Pour les organisations internationales (FMI, Banque mondiale, OMC, OCDE, UE), le libre échange ne peut être que créateur d’emploi et d’accroissement du niveau de vie et la concurrence des pays à bas salaire ne peut être cause de chômage. Celui-ci ne s’explique, selon elles, que par l’incapacité des pays développés à s’adapter à la globalisation. Pour réussir dans ce contexte les coûts salariaux doivent être abaissés et surtout ceux des salariés les moins qualifiés. Leur catéchisme se traduit dans la réalité par une forte réduction de la part des salaires dans la valeur ajoutée. Elle est passée en France de 70 % à 60 %  dans les 10 ans qui ont suivi 1983 pour atteindre 58 % en 2005. Si en France elle a peu baissé entre 2002 et 2006 (de 58,45 à 58,10 %), elle est par contre descendue en Allemagne, dans la même période, de 58,22 % à 54,88 %.

Mais la réalité c’est aussi  une croissance très faible dans la zone euro qui est fortement tributaire du niveau de l’activité aux Etats-Unis. Le chômage et le sous emploi sont toujours très importants malgré les chiffres annoncées depuis un an. Leur tendance à la baisse est due à la faible augmentation du nombre d’actifs potentiels qui provient du retournement démographique avec la fin des effets du baby boom et surtout aux tripatouillages statistiques.

La baisse des salaires : ce n’est que reculer pour mieux sauter. Il est impossible de concurrencer les pays émergents comme la Chine l’Inde, etc. qui ont des salaires 10, 20, 50 fois moins élevés que les nôtres suivant les qualifications. « À l'atelier, le mingong n'a aucun droit. Il est payé à la journée, une journée extensible de dix, douze, parfois même quinze heures, sans aucun contrat de travail. Il doit assumer toutes les conséquences d'un accident du travail ou d'une maladie. Il peut être mis à pied du jour au lendemain sans explication. À la ville le mingong est un véritable paria. Il est objet de mépris et d'ostracisme de la part des citadins, accusé de tous les maux. Une bonne partie des métiers urbains lui sont interdits. »[3]

Les partisans de cette mondialisation prétendaient il y a une dizaine d’années qu’il n’était pas grave de perdre des activités dans les secteurs traditionnels. Selon eux, nous devions nous rattraper dans les secteurs riches en technologies et dans les services. Ils devraient convenir aujourd’hui que leur pari était erroné. Beaucoup de pays émergents maîtrisent très vite les technologies les plus sophistiquées. Aujourd’hui La Chine forme plus de chercheurs et d’ingénieurs que l’UE et l’Inde plus d’informaticiens.

Les mêmes prédisaient également que les écarts de salaires se réduiraient rapidement, or il n’en est rien car la très forte croissance de ces pays n’est pas dû à une élévation de leur niveau de vie mais à leurs exportations. Seule une minorité profite du développement.

Que se passe-t-il en réalité ? Des entreprises délocalisent en transférant leurs technologies  et leur savoir faire dans ces pays ou elles emploient cette main d’œuvre à bas coût et sans protection sociale mais capable de s’adapter et d’avoir rapidement une productivité qui approche la nôtre. Elles rapatrient ensuite des produits qu’elles peuvent vendre moins cher sur les marchés occidentaux tout en augmentant leur profit dans des proportions considérables. Baisser les salaires, réduire la protection sociale, démanteler nos services publics ne peuvent y suffire ! A moins de régresser au niveau des pays émergents, il est impossible de les concurrencer dans de nombreux domaines. En fait, la mondialisation  met en concurrence les systèmes sociaux et fiscaux.

« Le libre-échange entre des pays ayant des systèmes sociaux et fiscaux différents n'organise pas la concurrence entre les entrepre­neurs, mais entre les choix sociaux et fiscaux des citoyens de ces pays. Or, s'il est légitime que des projets entrepreneuriaux soient mis en concurrence, car ils relèvent du monde du marché, les cadres sociaux et fiscaux traduisent des choix politiques collectifs. Ils relèvent d'un espace radicalement différent de celui du marché. Vouloir les mettre en concurrence revient à faire voter des citoyens d'un pays sur les choix dans un autre pays. Il y a non seulement une négation du principe de la démocratie, mais surtout une profonde imposture à prétendre alors que le libre-échange valide l'efficience de choix économiques. »[4]  

Dans ce contexte la concurrence entre les systèmes sociaux et fiscaux est aggravée par la valeur relative des monnaies. L’Euro cher désavantage fortement les pays comme la France ou l’Italie qui au contraire de l’Allemagne ont une structure de leur industrie qui les expose plus directement à la concurrence internationale.

Confrontées à la tourmente de cette concurrence effrénée et soumise de plus en plus à l’exigence d’actionnaires qui leur imposent des rendements de 15 à 20 % pour leurs capitaux, les entreprises n’ont en définitive que le choix de péricliter ou de délocaliser. L’aboutissement logique de la mondialisation c’est la destruction progressive de notre industrie.

Dés lors que la création des biens matériels nous échappe l’appropriation, par les rentiers, d’une partie des richesses au niveau de la production  devient aléatoire. Les marchés financiers et la spéculation prennent le relais. Leur expansion considérable s’est accompagnée de bulles financières répétitives qui ont eu chaque fois des conséquences négatives sur l’économie réelle.

Les questions de fond que nous pose la mondialisation financière ne sont pas nouvelles. Elles sont inhérentes au capitalisme. Déjà sous la « Législative » la gauche s’opposait aux girondins partisans du libre échange et la question du change des assignats était au cœur des débats. La première mondialisation qui avait certes des caractéristiques assez différentes n’a duré qu’une cinquantaine d’année. Elle a conduit à la première guerre mondiale  et s’est éteinte avec elle. Cela montre que rien n’est irréversible.

Mais comme on vient de le voir, la globalisation financière remet en cause la souveraineté populaire, impose la réduction de la dépense publique, détruit les services publics, creuse les inégalités. Elle est en contradiction absolue avec les  valeurs essentielles de la gauche républicaine.

La refondation de la gauche ne peut donc se faire qu’en se situant très clairement par rapport à la globalisation financière et en élaborant des propositions audacieuses. Comme le disait Claude Nicolet à l’université d’été du MRC, il nous faut « Bâtir les analyses et les outils qui nous permettrons de nous imposer dans la bataille idéologique et intellectuelle que la gauche vient de perdre. ».

 La bataille idéologique

Il s’agit d’abord de convaincre que la pensée unique ultra libéral n’a pas de fondement scientifique mais qu’elle est un discours purement idéologique qui promeut la loi du plus fort au seul profit des multinationales et des fonds d’investissement.

Sur certains aspects nous trouvons des alliés. « La doctrine simpliste du libre-échangisme, et son application brutale, est une des plus funestes er­reurs qui ont dominé les politiques des vingt-cinq dernières années. Jamais la constatation de Rabelais n'a eu plus de sens : "L'ignorance est mère de tous les maux".C'est cette ignorance qu'il convient de dénoncer et qu'il faut combattre partout où elle s'affirme, dans toutes les universités dans tous les pays, et dans toutes les organisations internationales. »[5]

Certaines questions avancent un peu, pendant plusieurs années il était complètement tabou de prononcer le mot « protection » et de porter des critiques  contre le marché et la concurrence ou contre l’indépendance de la BCE. Ceux qui, comme nous, s’y risquaient étaient vite taxés d’archaïsme. Je ne dis pas qu’aujourd’hui c’est devenu facile mais les réactions sont moins nombreuses et moins vives car, en France, malgré la propagande, le peuple est confronté à la réalité et il comprend mieux que protection n’équivaut pas à autarcie. Le fait que le Président de la république porte des attaques contre la BCE, même si ce n’est que par pur souci de communication, démontre que l’opinion bouge sur ces sujets. Par contre, il y a fort à faire pour surmonter la résignation qui accompagne les privatisations et pour poser la question de la propriété des moyens de production. Pourtant la défense, la survie et la modernisation de nos services publics en dépendent totalement.

Quant aux outils notre logiciel est relativement bien élaboré en ce qui concerne le nécessaire protectionnisme ou la BCE.

Droits de douane que nous avons appelé « éco socio taxes » ou contingents pour nous protéger hors de l’Union, Montant compensatoire sociaux à l’intérieur de l’Union européenne pour ce qui relève de la protection ; ajout de la croissance et de l’emploi dans les missions de la BCE et gouvernement économique de l’Euro qui remettrait en cause  son indépendance.

Par contre il nous reste à approfondir la façon de traiter l’appropriation des moyens de production  pour la rendre réaliste dans le contexte du 21ème siècle. Nous avons de même une réflexion à conduire sur l’avenir de l’Euro. Une monnaie unique à des économies qui ne convergent pas réellement voire qui divergent est-elle tenable à long terme ? Si oui à quelles conditions. Sinon quelles solutions adopter.

Ces questions sont d’une grande importance car la croissance et l’emploi en dépendent.

Les réponses que la gauche leur apportera lui permettront, ou non, de se refonder et de rebondir.




[1] Maurice Allais, La mondialisation la destruction des emplois et de la croissance, Clément Juglar, 1999, p 39

[2] Article 102 A, Article 105 du traité de Maastricht ; Article III-178 du traité constitutionnel refusé par nos concitoyens en mai 2005

[3] Philippe Cohen, Luc Richard, La Chine sera-t-elle notre cauchemar, Mille et une nuits, octobre 2005, p 94

[4] Jacques Sapir, La fin de l’Eurolibéralisme, Seuil, janvier 2006, p 142

[5] Maurice Allais, La mondialisation la destruction des emplois et de la croissance, Clément Juglar, 1999, p 227

Intervention de Jean-François DELAHAIS, le 27 octobre 2007, à l'Union régionale du MRC.

Par Jean-François Delahais - Publié dans : Nos propositions
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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 12:12
L'université d'été du MRC à Belfort s'est révélée riche de rencontres et d'échanges d'idées entre républicains, communistes, alternatifs, socialistes et dirigeants allemands de Die Linke. Le défi était de réfléchir aux enjeux et perspectives d'une refondation républicaine.

Plusieurs défis sont devant nous. Il s'agit tout d'abord de palier le déficit de pensée. Ensuite de propose un projet alternatif et clair. Enfin, de sortir de la mondialisation financière.
A la manière de Kant, nous pouvons nous interroger de la manière suivante: qui puis-je savoir?  Que m'est-il possible d'espérer? Que dois-je faire?

Dans cette refondation, trois acteur fondamentaux: les forces sociales à (re)mobiliser, l'Etat-Nation, la réorientation de l'Europe. Ces mots doivent se traduire par une mise en oeuvre d'une pensée structurée et par une volonté en actes. De nombreuses volontés font jour pour construire les fronts de gauche.































Quelques morceaux choisis du discours de clôture de Jean-Pierre:

Pour s'afficher "moderne", on se dit libéral, au moment où la globalisation libérale entre dans une crise systémique qui, pour la première fois, ouvre la perspective de sa remise en cause! [...]
Mac Cain déclare: "le libre-échange sert la politique extérieure des Etats-Unis." Terrible cécité: la crise financière actuelle n'est pas seulement la conséquence d'une politique bancaire aventurée. elle résulte du fait que, depuis longtemps, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens. Leur déficit commercial dépasse 700 milliars de dollars, soit 6% de leur PIB. [...]
Ce n'est pas un hasard si Nicolas Sarkozy utilise Bernard Kouchnet et Jean-Pierre Jouyet pour mettre en oeuvre sa politique. Celle-ci refuse le consensus de l'Establischment financier et des élites bien pensantes pout mettre en oeuvre la politique que j'aid écrite comme "du pareil au même". [....]

L'incapacité de la gauche française et européenne à "penser mondial" s'enracine dans la crise de l'idée républicaine et dans le discrédit de l anation comme vecteur principal de notre responsabilité vis-à-vis du monde. [...]
Le "fondamentalisme de marché" qui a soutenu le thatchérisme, le reaganisme, le consensus de Washington et, en France, la politique de rigueur, a creusé partout les inégalités, nourri la spéculation et engendré une crise systémique sans précédent. Joseph Stieglitz, prix Nobel d'Economie, a dénoncé l'illusion selon laquelle "les marchés sont auto correcteurs, distribuent efficacement les ressources et servent l'intérêt général". Or c'est cette illusion-là qui soutient partout les politiques libérales au niveau national, européen et mondial.[...]
C'est pourquoi la tâche d ela gauche n'est pas seulement de réhabiliter le concept de nation républicaine comme communauté de citoyens mais d'en faire le vecteur d'une autre idée de l'Europe.[...]

M. Sarkozy inscrit la politique française dans le sillage de la politique américaine, que ce soit en Afghanistant, ou face à l'Iran, ou en Géorgie face à la Russie, ou encore en annonçant son intention de rejoindre l'organisation militaire intégrée de l'OTAN, qu prétexte illusoire de construire par ailleurs une "défense européenne". [...]
L'idéologie des droits de l'homme, déconnectés des droits des citoyens, constitue une couverture commode pour toutes les dérives expéditionnaires et nous devrions davantage prêter l'oreille à ceux qui, au Sud, voient dans le "devoir d'ingérence" professé par Bernard Kouchnet la résurgence d'un état d'esprit colonial ou néocolonial. [...]


Le parti socialiste est certes la formation la plus nombreuse à gauche, mais elle est loin d'être majoritaire dans le pays. Et il ne lui sert à rien de dominer à gauche, si la gauche est durabelement confinée dans l'opposition.

Nous aiderons ainsi le peuple français  se retrouver et à poursuivre son Histoire, dans une Europe renouvelée, une Europe des peuples, qui pourra, elle, être aussi un pôle dans le monde de main, un pôle nécessaire, indispensable au dialogue des nations et des cultures. Voilà un projet exaltant et réaliste à la fois. Il faudra l'incarner car nous ne pouvons pas laisser plus longtemps la gauche en déhérence.

Par Eléonore Perrier - Publié dans : Nos propositions
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Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /Juil /2008 09:55

Vous voule participer à la création d'un grand parti de toute la gauche avec un véritable ancrage républicain? Rejoignez le MRC.

Bulletin_d_adhesion_MRC_2008.pdf Bulletin_d_adhesion_MRC_2008.pdf


et retenez votre weekend du 6-7 septembre à Belfort pour notre Université d'été.

Par Eléonore Perrier - Publié dans : Nos propositions
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Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /Juil /2008 09:42

La gauche doit savoir où elle habite. Elle vise à rassembler le monde du travail sur un projet humaniste. Elle porte l'héritage républicain qui, à partir de la notion d'intérêt général, permet le dépassement des intérêts particuliers, des égoïsmes, des corporatismes et des communautarismes. la pluralité d'appartenances conduit à définir une multiplicité d'intérêts généraux qu'il faudra savoir hiérarchiser à travers un projet nouant l'intérêt national, l'intérêt européen et les intérêts de l'humanité dans son ensemble. Rien là qui ne soit conforme au patriotisme républicain et à l'internationalisme, dont Jaurès avait su montrer la complémentarité.

La valorisation du travail, la recherche de l'égalité et d'un progrès mieux partagé, l'épanouissement individuel prenant tout son sens dans un dessein de réussite collective, la promotion du sens des responsabilités, bref du civisme, constituent un socle de valeurs solides pour l'édification d'une République moderne, démocratique et sociale..... à partir de ces orientations, nous proposons que toutes les organisations et toutes les personnalités de gauche et de progrès qui le voudront réunissent dans tous les départements de forums de l'unité. Ces forums, largement ouverts, auraient à traiter quelques sujets clés : l'analyse de la globalisation et les conséquences à en tirer pour l'action de la gauche au gouvernement ; la valorisation du travail; la réorientation de la construction européenne; la forme du nouveau rassemblement de la gauche à créer.

(extraits du discours de JPChevènement au congrès du Kremlin-Bicêtre)


080622-Motion-d-orientation.rtf 080622-Motion-d-orientation.rtf
0806222-JPC-Un-nouveau-cap.rtf 0806222-JPC-Un-nouveau-cap.rtf

Par Eléonore Perrier - Publié dans : Nos propositions
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