Lundi 10 septembre 2007
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Chers amis, chers camarades,
Il est toujours ressourçant de se retrouver à l’université d’été du MRC, moment privilégié de rencontres, de discussions, de travail. Cette année, elle s’est déroulée à Dunkerque. Voici quelques
pistes issues de ce weekend de travail.
Le MRC possède cette acuité d’analyse qui le mène toujours à penser au niveau global, à penser la France dans ses relations avec les autres pays. La mondialisation libérale, dont les objectifs
essentiels coïncident avec des intérêts financiers et technocratiques, doit être régulée afin de respecter la souveraineté populaire et la souveraineté des Etats. Or, tout le travail de l’OMC et
du FMI consiste à déréguler afin de lever tous les obstacles au libre-échangisme. Certaines libertés – liberté des capitaux, liberté des investissements, liberté du commerce – se révèlent être
liberticides. Ces institutions sont de puissants instruments de dérégulation, comme nous l’analyse si bien Bernard Cassen, et le politique se trouve dépossédé d’un moyen d’action essentiel. Nous
devons revenir à plus de justice, y compris en résistant au système médiatique, bien souvent vecteur idéologique du néo-libéralisme.
Point de fatalité pour autant. L’horizon dépend de notre volonté politique à maîtriser les aspects financiers, monétaires, bancaires à l’échelle mondiale. Veut-on réguler ? En a-t-on la
capacité ? A ces deux questions posées par Paul Loridant, nous pouvons observer cette capacité de résistance au Venezuela qui constitue un contre-modèle pour le monde. Cette régulation de la
mondialisation- dont l’objectif est de parvenir à des règles acceptables – ne peut venir que des Etats et de leur volonté à faire prévaloir les intérêts des citoyens et non ceux des actionnaires.
Ce sursaut républicain doit également se manifester dans la construction européenne. La France, par deux fois, en 2003 et en 2005, en s’opposant à l’invasion de l’Irak et en refusant le traité
constitutionnel européen, a refusé l’avenir qu’on lui présentait. Dans les mois à venir, la question du référendum se posera à nouveau à propos du futur traité dit ‘simplifié’, traité n’ayant
subi que des ‘changements cosmétiques’ selon les termes de VGE. Ce traité devrait faire l’objet d’un nouveau référendum si les parlementaires (les 2/5 au minimum, ce qui est possible au
regard des rapports de force à l’Assemblée) décident de faire respecter le parallélisme des formes et faire respecter la souveraineté du peuple.
Ce traité ne propose aucune réforme sur la BCE, rien sur la formation d’un Gouvernement de la Zone Euro, rien sur la préférence communautaire, rien sur les tarifs extérieurs, rien contre le
dumping social et les délocalisations… Le principe de la concurrence libre et non faussée reste opérant, la logique libérale supplantera définitivement notre droit français, y compris notre
Constitution française, la défense européenne est inféodée à l’OTAN, le service diplomatique commun laisse présager de nombreuses dérives – il n’est qu’à se rappeler l’attitude atlantiste de
nombreux pays européens au moment de la guerre du Golfe, guerre par ailleurs contraire en tout point au droit international…. Exit le politique, si ce n’est la politique favorable au
multinationales. L’avenir, je l’ai dit, dépend de notre volonté citoyenne.
En appuyant nos réflexions sur une critique du capitalisme, de la globalisation, sur la nécessité de changer d’horizon, Jean-Pierre Chevènement propose une conversion républicaine pour concilier
la gauche et la France. Dès à présent, nous œuvrons pour la tenue d’assises de la gauche.
Eléonore Perrier.
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