Le phénomène majeur de cette élection est le total de l’abstention massive et du vote blanc qui dépasse 61 %. Par conséquent les liste de la majorité présidentielles ne recueillent que 10,8 % des inscrits, celles du PS 6,4 %, celles d’Europe écologie 6,3 % et celles du Modem 3,3 %. Avec de tels scores on peut se demander, à bon droit, quelle légitimité ont les élus. Par ailleurs, en comparant les résultats des quatre listes arrivées en tête à ceux des candidats à l’élection présidentielle de 2007, on peut faire le constat suivant :
- Les listes de la majorité présidentielle ont perdu 15 % des inscrits par rapport à Nicolas Sarkozy ;
- Les listes du Parti socialiste ont perdu 15 % des inscrits par rapport à Ségolène Royale ;
- Les listes Europe écologie ont gagné 4 % des inscrits par rapport à Dominique Voynet et José Bové ;
- Les listes du Modem ont perdu 12 % des inscrits par rapport à François Bayrou.
Les résultats ne le permettent pas, mais pour une comparaison plus précise il faudrait augmenter les pertes de la Majorité présidentielle et diminuer celles du Modem, puisque le 7 juin le Nouveau centre était avec l’UMP et au contraire avec François Bayrou pour l’élection présidentielle.
Ce constat montre que hormis Europe écologie chaque formation a subi de grosses pertes. Il y a, proportionnellement à leur score respectif à l’élection présidentielle, à peu près autant de déçus du Sarkozisme, du PS et du Modem. Le revers est donc assez comparable pour chacun. La plupart de ces déçus ont choisi l’abstention ou le vote blanc et Europe écologie n’en a capté qu’une petite partie, à peine un dixième. Cette formation n’a donc pas été portée par une vague comme l’ont dit certains médias, mais seulement par un clapotis.
La sanction de l’électorat ne s’est pas manifestée par le vote mais par l’abstention. Elle s’est adressée aux principaux promoteurs de l’Europe libérale. Celle ci s’est révélée impuissante à protéger les citoyens et de la mondialisation et son cortège de délocalisations et plus récemment de la crise. De ce fait, une forte proportion de nos concitoyens et surtout les couches populaires se sentent, tous les jours, un peu plus condamnées au chômage, à la baisse du pouvoir d’achat, voire à la pauvreté. Ils avaient voté contre le traité constitutionnel mais ceux là les ont dupés. Si Europe écologie a été épargné par ce mouvement, c’est sans doute parce que leur discours, destiné à créer l’illusion que cette Europe peut devenir bénéfique sans en changer les fondements mais par leur seule volonté, a été pris pour argent comptant par une petite minorité.
Jean-François DELAHAIS
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