Nous sommes devenus conscients des risques environnementaux que notre société produit. Le dernier et 4e rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) conclut à la responsabilité de l’homme dans le réchauffement de la Terre à plus de 90%. C’est dire l’urgence dans laquelle nous sommes afin, non pas d’arrêter mais de ralentir cette dégradation et cela par des politiques publiques fortes.
Ségolène Royal propose la création d’un poste de vice-Premier ministre chargé du développement durable. Et l’on peut miser sur cette fonction transversale pour mener une politique efficace, juste.
Trois aspects :
Les énergies
La dépendance croissante de l’économie européenne pour ses approvisionnements énergétiques et le renchérissement prévisible du coût des énergies fossiles doivent nous inciter à prendre toutes les mesures nécessaires au renforcement de notre relative autonomie énergétique dans le long terme.
Cette anticipation sur l’épuisement du pétrole, sur les incertitudes liées à l’approvisionnement en gaz en provenance de Russie ou du Maghreb, ou encore la nécessaire action pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES), nous encouragent à soutenir les énergies renouvelables : énergie éoliennes, hydraulique, solaire, la biomasse et la géothermie.
Du point de vue de l’environnement, la contribution du nucléaire à l’application par la France du protocole de Kyoto participe à cette politique environnementale. Nous devons :
- renouveler notre parc électro-nucléaire (déjà engagé avec le lancement du prototype de l’EPR),
- renforcer notre politique de recherche sur le traitement des déchets nucléaires et sur les réacteurs de 4e génération,
- investir dans les énergies du futur (projet ITER).
Au niveau énergétique, un pôle public de l’énergie EDF-GDF est à créer, ce sont des convictions que l’on porte depuis longtemps.
L'agriculture
Elle se trouve face à trois défis : l’eau, l’énergie et le défi alimentaire.
L’eau, les sols et la biodiversité sont des biens rares à préserver.
L’énergie : l’idée est diminuer la part du pétrole et de développer les biocarburants (bioéthanol et diester), la biomasse, les éoliennes..
Quant au défi alimentaire. Il est à plusieurs niveaux.
Les objectifs de l’OMC obligent les politiques agricoles des Etats à se libéraliser et à diminuer les interventions publiques. L’UE doit peser en faveur de la régulation du commerce et des marchés mondiaux, en mettant la priorité sur l’organisation régionale, voire continentale. Ceci correspond à un soucis de sécurité d’approvisionnement et de sécurité sanitaire.
Le Pacte présidentiel propose la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement (OME). Il propose également une PAC mondiale, ce qui suppose une meilleure coopération et solidarité Nord-Sud (c’est bien la question du juste prix, équitable qui est en jeu). Il est évident que la volonté de l’excellence environnementale doit être défendue au niveau mondial, et un dialogue particulier doit être engagé avec la Chine, l’Inde ou encore le Brésil.
Les pouvoirs publics européens doivent veiller à ce que les prix des produits agricoles se tiennent à des niveaux permettant d’assurer la production de denrées alimentaires en quantité et en qualité. La protection de l’espace européen est indispensable par l’instauration de droits de douanes protégeant nos prix à la production.
La politique d’intervention publique est justifiée. L’Etat doit jouer son rôle de régulation : une meilleure répartition des aides vers les petites et moyennes exploitations familiales est nécessaire, également vers les exploitations faisant de l’agriculture biologique.
L’agriculture, c’est aussi une question de santé publique :
- les pratiques intensives doivent être reconsidérées sérieusement,
- l’usage des pesticides doit être réduit à sa plus simple expression (on en connaît ses méfaits)
- et enfin, la question des OGM n’est plus à différer : les essais en plein champ doivent être arrêter illico presto. Ceci devrait déjà être fait au nom du principe de précaution qui a valeur constitutionnelle depuis 2005 (par l’art. 5 de la Charte de l’environnement).
Les moyens de la lutte pour la préservation de notre environnement
Une politique d’incitation aux économies d’énergie doit être poursuivie :
- généraliser l’isolation, promouvoir les objectifs HQE pour le parc immobilier public,
- développer les transports collectifs (et Ségolène Royal nous propose de le financer par un prélèvement exceptionnel sur les superprofits des groupes pétroliers), favoriser le fret et instaurer une éco-redevance pour décourager le transport routier,
- inciter fiscalement les industries qui s’engagent à éliminer les composés toxiques ; concernant la réglementation européenne REACH (concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des produits chimiques), il convient d’étendre ses capacités,
- appliquer le principe pollueur-payeur , etc.
Toutes ces politiques d’intervention, d’incitation se traduisent par des créations d’emplois significatives. Ce qui est une chance pour la croissance économique.
Nous partageons cette même préoccupation de l’environnement durable et je souhaite que nous agissions en toute responsabilité. Nous savons maintenant que les nuages ne s’arrêtent pas aux frontières, n’en déplaise à certains.
Le combat républicain est un combat ancien. Qu’en 2007 nous mettions tous nos efforts à construire un nouveau modèle de développement durable, tel est mon souhait.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander


Commentaires